Le Cinematographe
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CONTRECHAMP

Carte blanche au collectif "Le peuple qui manque" - 1/3

The Last Angel of History


CONTRECHAMP • OCTOBRE 2013

de John Akomfrah & The Black Audio Film Collective
GB, 1995, 45min, VOSTF

Carte blanche au collectif "Le peuple qui manque" - 1/3
Dans le cadre des séances Contrechamp et du séminaire "L’artiste en historien" à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole.

>>>Sur Mille ans d’histoire non-linéaire
Depuis quelques décennies, les concepts d’Histoire et de temps historique se trouvent profondément remis en cause. Avec la dislocation des grands récits maîtres (masters narratives) et le tournant postmoderne de l’historiographie, l’Histoire ne peut plus être pensée comme un continuum temporel ordonné, régulé et linéaire, le long d’une échelle du progrès.
Convoquant des concepts issus de ce renouveau historiographique, le cycle Mille ans d’histoire non-linéaire (cycle de films, rencontres, performance) qui se tiendra du 6 novembre au 18 décembre 2013 au Centre Pompidou s’intéresse aux temporalités alternatives proposées par les artistes pour repenser la mise en scène de l’Histoire (histoires potentielles, spéculatives, histoires du futur, rétrospectives, projectives, rétrocipatives).

Cette séance du 14 octobre 2013 au Cinématographe proposée par Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff constitue une préfiguration du cycle Mille ans d’histoire non-linéaire (6 nov-18 décembre) au Centre Pompidou.

Plus de renseignements sur le site du Collectif Le Peuple qui manque.


>>> Afrofuturisme : fictions spéculatives et histoires du futur.

Projection de The Last Angel of History par John Akomfrah & The Black Audio Film Collective

They say that History repeats itself.  
But History is only his story 
You haven’t heard my story yet 
My story is different from his story 
My story is not part of History 
Because History repeats itself  
but my story is endless 
And never repeat itself (...) 
I’m more part of the Mystery 
Wich is my story 

Sun Ra

""Proto-théorisé" dès les années 1950-70 par des musiciens tels que Sun Ra ou George Clinton, et, depuis, dans les années par 1990, par des théoriciens (Kodwo Eshun, Greg Tate), et auteurs de science-fiction (Samuel R. Delaney, Octavia Butler), l’afrofuturisme a été mis de nouveau à l’honneur dans le cadre d’expositions, telles que récemment, au Studio Museum of Harlem, The Shadow Took Shape (2013-2014) ou à Arnolfini, Superpower : Africa in Science Fiction (2012), revivifié par l’émergence d’un corpus cinématographique de Sci-fi africaine et de travaux d’artistes.
Tout au long de l'histoire moderne, l'Afrique, comme “région géoesthétique”, a été construite par les discours coloniaux comme anhistorique. Aujourd’hui, qu’elle continue d’être régulièrement pensée comme allochronique, elle demeure l’objet de projections chronopolitiques. L’Afrofuturisme comme philosophie de l’histoire ne s’intéresse pas tant à inverser cet archétype (en tentant de reconstruire une archéologie du passé et une histoire pour l’Afrique et sa diaspora) mais choisit délibérément l’avenir comme site pour l’agir historique. Revenant sur l’histoire de l’afrofuturisme, le film The Last Angel of History (1995) du collectif londonien Black Audio Film Collective et cinéaste John Akomfrah propose une mythologie de l'avenir créant des liens entre la culture noire, la musique, l’exil et la conquête spatiale africaine, l’histoire prospective. Cet essai cinématographique, pose l'utopie spatiale et temporelle, la science-fiction à la fois comme alternatives pour les Africains et la diaspora et comme métaphores de l'expérience "afropolitaine" des déplacements forcés, des migrations et de l'aliénation culturelle.

Ainsi que le rappelle Kodwo Eshun, "en créant des complications temporelles et des épisodes anachroniques qui perturbent le temps linéaire du progrès, ces futurismes ajustent les logiques temporelles qui condamnent les sujets noirs à la préhistoire. Chronopolitiquement parlant, ces historicités révisionnistes peuvent être comprises comme une série de puissants futurs en concurrence qui infiltrent le présent à différents niveaux."
"
Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff

Séance unique

Lundi 14 octobre 2013 à 20h30

soirée présentée par Kantuta Quiros dans le cadre du séminaire "L'artiste en historien" à l'école des Beaux-arts de Nantes et qui constitue une préfiguration du cycle Mille ans d’histoire non-linéaire (6 novembre-18 décembre) au Centre Pompidou