Le Cinematographe
Le Cinématographe
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CONTRECHAMP

Comment dire - commentaire

Vautier / Dubosc / Trinh


CONTRECHAMP • 2011/2012

Comment dire - commentaire
Séance inaugurale d'une année placée sous le signe des interrogations post-coloniales au fil de laquelle nous suivrons comment artistes contemporains et cinéastes se saisissent de cette question, tout en ouvrant sur d'autres thèmes et recherches. Ici, au travers de trois films, celui du commentaire documentaire et de la place d'où l'on y parle.

Afrique 50
de René Vautier
France, 1950, noir et blanc, 15 min
Nous sommes en 1949. Le décret Pierre Laval de 1934 est toujours en vigueur : "Toute prise de vue dans une colonie d'Afrique Occidentale française doit être soumise à l'autorisation du lieutenant gouverneur de la colonie concernée". En clair, pour pouvoir tourner, il faut montrer "patte blanche". L'ancien maquisard s'en moque. Inquiété après dix jours de tournage, expulsé officiellement, il s'enfuit de Bamako et filme clandestinement sur un trajet de mille kilomètres : traces d'oppression, de répressions, village brûlé pour non-paiement d'impôts (Palaku) et autres violations des (alors tout jeunes) Droits de l'Homme...
 
Jean Rouch Premier Film 1947-1991
de Dominique Dubosc
France, 1991,26 min
Le premier film de la filmographie de Jean Rouch "Au Pays des Mages Noirs" n'est pas réellement son premier film : il fut monté à partir d'images tournées par lui en 1947, mais organisées dans un ordre qui n'était pas le sien et surtout, accompagnées d'un commentaire colonialiste dit par un radio-reporter sportif... Devant nous, Jean Rouch improvise un nouveau commentaire en harmonie avec ses images et termine ainsi, en 1991, son "premier film".
 
Reassemblage
de Minh-Ha TRINH
USA, 1982, 40 min
"Les théoriciens de la voix cinématographique, tels Michel Chion, Rick Altman, Mary Ann Doane et Kaja Silverman, évitent une réflexion sur l’expression des rapports de sexe en relation avec l’appartenance raciale ou la question postcoloniale. Au contraire, l’afro-américaine Julie Dash et la vietnamo-américaine Trinh T. Minh-ha se servent de la "caméra-stylo" afin de déconstruire le paradigme dominant de la voix selon lequel l’image serait source de la voix. Les films, Illusions et Daughters of the Dust de Dash, et Reassemblage, Naked Spaces et Surname Viet Given Name Nam de Trinh, désignent l’épistémologie comme un enjeu : les hommes blancs se servent de ce levier que constitue la fabrique de la voix pour investir le lieu du savoir. Ce faisant, ces deux cinéastes contemporaines élaborent un paradigme féministe. La voix masculine transcendante est remplacée par la voix immanente et polyphonique des femmes de couleur."
La Voix cinémathographique : échos et résonances dans les premiers films de Julie Dash et Trinh T. Minh-ha par Tanis-Plant Suzette

Séance unique

Lundi 10 octobre 2011 à 20:30
En présence d'Emmanuelle Cherel, enseignante à l’École Régionale des Beaux-Arts de Nantes, docteur en Histoire de l’Art