Le Cinematographe
Le Cinématographe
Le Cinematographe

CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

Pays de cocagne

de Pierre Étaix


FILMER LES VACANCES • JUIN - JUILLET 2017

France, 1971, 1h20, documentaire

Pays de cocagne
En 1969, pendant les vacances d’été, Pierre Etaix suit sa femme, Annie Fratellini qui fait une tournée des plages avec Europe n° 1. Il en profite pour filmer la France en vacances, en particulier les campings... Il filme trois mois mais il lui faut sept mois pour monter ce qui pourrait s’intituler "La face sombre des trente glorieuses" où entre des campings qui évoquent l’univers concentrationnaire et des parades ridicules à l’américaine, il retient les plans de jeux débiles, de chanteurs amateurs qui chantent faux, d’interviewés qui n’ont rien à dire ou débitent des clichés. On est loin de l’humour poétique de Yoyo. La charge contre la société de consommation et la publicité est lourde et n’épargne personne. Malaise garanti.

> précédé du court métrage En pleine forme de Pierre Étaix • France, 1971, 12 min
Quoi de mieux que le camping sauvage pour tester les vertus burlesques des objets toujours prêts à désobéir? Et dans camping, il y a camp, mais de celui là on s’évade avec humour.

"Je n'avais jamais vu ce podium d'Europe 1, je n'avais jamais vu le Tour de France et tout ce déploiement de publicités, je n'avais jamais vu les campings et les plages. Autant de découvertes. J'ai été horrifié par les gens qui accompagnaient le podium, ils étaient vraiment odieux, ils avaient une mentalité épouvantable, et les premiers documents que j'ai pris m'ont fait peur. J'ai interviewé quelques personnes qui chantaient, et j'ai été surpris par leurs propos. Je leur posais une question innocente, et ils prolongeaient, se répandaient. Alors j'ai commencé à poser des questions insolentes, ou plutôt perfides. (...) Le film est devenu burlesque au montage. Il y a une telle dérision, les gens se contredisent sans s'être jamais rencontrés, il y a une drôlerie à laquelle personne n'échappe. Je demandais toujours aux gens si je pouvais les filmer. Ils demandaient : "C'est pour la télé ?". Je leur répondais : "Non, pour le cinéma"; et eux, déçus : "Bah, allez-y quand-même." (...) Je pensais faire quelque chose de drôle, mais pas corrosif comme le film l'est au final, parce que les surprises ont été quotidiennes. Mais j'ai toujours essayé de regarder les choses intrinsèquement. On me dit que le film est d'une grande modernité. Non, c'est simplement qu'au cours du temps, il s'est construit comme cela." Pierre Étaix. Entretien réalisé par Jean-Philippe Tessé, Cahiers du Cinéma (juin 2010)

Séances

- - vendredi 7/07 21:00 - - samedi 8/07 19:00 - - dimanche 16/07 20:30 - - mardi 18/07 19:00


Bande-annonce