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L'ASSOCIATION
RAPPORT MORAL DU 6 AVRIL 2011
La progression encore significative de notre bilan devrait nous donner des motifs de satisfaction. Notre public se renouvelle et augmente encore, les enfants y sont accueillis avec un souci qualitatif fréquemment remarqué, les cinéastes et autres professionnels qui nous rejoignent régulièrement ou pour un bref passage saluent la richesse et la hardiesse d’une programmation qui nous vaut chaque année de recevoir un nombre croissant de demandes de partenariat que nous ne pouvons ni ignorer ni satisfaire. Enfin, la mission SCALA rencontre un véritable épanouissement et une mobilisation croissante.
C’est une évidence, en dix ans d’activité, notre association depuis cette salle qu’est Le Cinématographe et à travers le développement de ses actions et missions connexes, postule à une place singulière sur la carte culturelle nantaise et régionale mais plus largement il me semble dans le paysage national de l’exploitation cinématographique où nous faisons auprès d’une proportion de plus en plus réduite de lieux, la preuve d’une alternative viable à une massification de la diffusion du cinéma. Notre équipe salariée a suivi et accompagné depuis plus de deux ans, c’est-à-dire très en amont, les salles associatives du département face aux inquiétudes de la profession autour du basculement vers un avenir numérique complexe, encore nébuleux sur certains points. Cet avenir bien qu’imminent nous paraît encore équivoque. Pour beaucoup d’acteurs publics qui eux aussi s’attachent à prendre la mesure de cette évolution, la plus considérable dans ses proportions depuis un siècle, les choix prochains seront déterminants et dans de nombreux cas sans revirement possible. À l’heure aussi où l’offre culturelle, pour ne pas dire le marché de la culture, procède d’une logique qui privilégie nettement l’événementiel, quelle place et perspective pour des actions dont la régularité et le long-terme sont les convictions artistiques, éducatives et politiques choisies et nécessaires ? Quelles peuvent être ces actions dans ce domaine du cinéma qui nous occupe et qui, on le voit dans la masse comme dans le détail, continue à être le premier axe de divertissement mais aussi de culture pour les Français ? Aux côtés de toutes les possibilités facilitant par le DVD, la VOD, le câble et autres, l’expérience et la connaissance du cinéma, la salle reste, à la fois pour le plus grand nombre et le public le plus cinéphile, l’espace fondamental de la rencontre avec les films, toutes les analyses convergent sur ce point. Cette évidence devrait éclairer nettement la nécessité de poursuivre à l’heure d’un changement irrémédiable la concertation autour d’une politique du cinéma raisonnée alors que nous décelons autour de nous les signes d’un isolement grandissant qui préfigure une repolarisation brutale de la carte du cinéma français. Ce qui avait été une règle faisant de la France un pays sans égal dans l’accès à une éducation au cinéma et à l’image ne doit pas demain devenir le fait de quelques exceptions éparpillées sur le territoire car nous savons bien au bout de dix ans maintenant que si les marges permettent la bonne tenue des cahiers, elles s’usent aussi. Ici, il apparaît que la jeunesse et le professionnalisme éprouvés de notre équipe autant que l’expérience accumulée depuis dix ans par certains de ses membres, nous permet désormais de relever dans la cohérence et la continuité les défis qui se profilent. Mieux, il reste à l’association Le Cinématographe Ciné-Nantes Loire-Atlantique de nouvelles pages à écrire entre le cinéma d’hier et celui qui s’invente chaque jour avec les ressources du numérique lorsqu’on distingue clairement un point de convergence générationnelle entre les acteurs de notre projet et l’âge moyen des spectateurs de films. Gageons, toujours dans cet ordre d’idée, que le travail d’éveil et de sensibilisation que nous poursuivons en direction des plus jeunes reste le fondement essentiel d’une politique d’avenir. Oui, notre mission est bien, c’est ainsi que nous la percevons, d’intérêts publics et éducatifs tout autant que de défense d’un art dans toutes ses formes. Jérôme BARON Président |
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