UN
ATELER DE PRATIQUE AU CINEMATOGRAPHE
Le
projet d’espace de formation des publics à l’image
du Cinématographe se décline selon les publics sur différents
modes. Pour les enfants, il nous semble nécessaire que la découverte
du cinéma par les films s’accompagne d’une découverte
du « faire du cinéma » et particulièrement
comment on crée des images et ce que l’on veut leur
donner comme sens.
Fort de son expérience dans l’accueil du jeune public
lors de séances scolaires et hors temps scolaires, le Cinématographe
a proposé deux ateliers de découverte du cinéma
lors de la saison 2003/2004. Ces ateliers ponctuels ouverts à
tous les enfants de 7 à 11 ans se sont déroulés
sur deux samedis après-midi.
La demande des enfants de pouvoir poursuivre leur initiation et le
constat du temps requis pour que cette initiation soit construite
et complète nous a amené à concevoir un atelier
de pratique qui se déroulerait sur plusieurs séances
réparties sur toute la saison 2004/2005 et serait mené
par des professionnels de l’image dotés d’une forte
expérience avec les enfants.
LES ATELIERS FILMS ET VIDEOS DE LA LUNA
La Luna (collectif d’activité et de production
artistique réunissant quatre artistes plasticiennes) est installée
depuis 1993 sur le quartier des Dervallières à Nantes.
Parallèlement à son travail de création la Luna
conduit avec le chantier de création
d’images en mouvement des expériences pédagogiques
auprès de publics différents : enfants (temps scolaire
et hors-temps scolaire), adolescents et adultes.
Outre la découverte des techniques de production d’images
audiovisuelles, de réalisation de scénarios grâce
aux ressources illimitées de l’imaginaire, « Le
chantier de création d’images en mouvement» proposent
aux enfants de redécouvrir, de réinvestir, de reconquérir
ce privilège qu’ils ont de voir chacun avec leurs propres
yeux, à leur propre rythme. Tout simplement de prendre le temps
de s’approprier leur environnement quotidien et leur expression
intime.
Les
objectifs du «chantier de création d’images en
mouvement» sont :
- sensibiliser les enfants à la possibilité de l’expression
visuelle, utiliser le langage des images audiovisuelles (le mouvement,
le cadrage, le geste cinématographique, le son, la parole,
l’éclairage...) pour exprimer une perception, une intention,
une émotion.
- animer des expériences de recherches créatives et
visuelles, mises en oeuvre sur un temps d’atelier, sur plusieurs
jours consécutifs, et de rendre les enfants autonomes et singuliers
dans le développement de leur potentialité créative.
- montrer qu’il est important d’être à l’écoute
des choses ressenties, d’oser les exprimer visiblement, d’apprendre
aux enfants à communiquer aux autres leur part d’imaginaire
intime, d’affirmer leur “point de vue “, leur singularité
et par conséquent d’accepter plus facilement la particularité
des autres, les différences, les autres compétences.
- apprendre à inventer une approche esthétique collective,
d’échanger, de parler, de découvrir l’autre
différemment, même l’adulte, de participer à
un travail de groupe où toute originalité peut être
entendue et mise en valeur.
- les rendre capable de lire l’espace où ils vivent,
de savoir observer, bien regarder leur environnement quotidien, d’en
découvrir les “ nouvelles richesses “, les “
angles de vues cachés “, de leur donner la possibilité
de l’analyser, le formuler, l’apprivoiser de façon
critique .
- d’impulser de nouvelles découvertes, d’attiser
la curiosité, de développer une autre relation au monde,
une appréhension différente de la réalité,
de découvrir un nouveau vocabulaire et une autre interprétation
possible du quotidien, d’inventer un langage visuel et poétique.
LA
RUE DU CINEMATOGRAPHE
L’objectif
est de faire un film d’animation et mettre en oeuvre un dispositif
de monstration expérimenta avec pour thématique : la
rue du cinématographe.
Effectif : 16 enfants de 9 à 12 ans, répartis en 2
groupes de 8 enfants
Déroulement sur 5 séances en 3 temps : aux vacances
de février et de Pâques et en juin 2005.
Nombre de places limité. 9 > 12 ans / Participation financière
à la séance : 6€ ou 4,5€ (tarif Enfant du
Cinémato).
Renseignements auprès d’Emilie au 02 51 72 04 29.
Inscriptions à partir du 1er décembre 2004
Calendrier :
1er temps : 2 après-midis aux vacances de Février 2005
(21-25 février 2005)
2ème temps : 2 après-midis aux vacances de Pâques
2005 (25-29 avril 2005)
3ème temps : 1 après-midi de restitution publique (samedi
11 juin 2005)
Contenu pédagogique et techniques de création d’image
abordées :
1er temps :
1) filmage avec caméra ( 2 bobines de film super 8 de 3 min.)
- technique image par image -apparition et disparition des situations/acteurs
- accélération d’un mouvement dans la rue (acteurs/objets/nuages/lumière)
- création d’une animation, textes ou image, sur le banc-titre
(réf. au thaumatrope, au flipbook...)
- technique caméra portée,mouvement de caméra
le long de la rue, en courant, en roulant, au rythme de la marche
et du souffle
2) idée de cinéma sans caméra
- prise de vue fixe à partir de diapositives (2x 80 diapositives
pour une double projection)
- décomposition des mouvements, des actions
- multiplicité des regards, des angles de vue
- diversité des éclairages
- technique de dessin et notion de la mémoire rétinienne
(réalisation artisanale de thaumatrope, de flipbook...)
2ème temps :
1) visionnage des travaux précédents : analyser, critiquer,
rebondir et… continuer
- idée de montage
- idée du dispositif de projection
2) cinéma sans caméra : travail direct sur la pellicule
( grattage coloration dessin...)
- travail direct sur les diapositives
3) filmage avec caméra (si nécessaire pour l’idée
du montage du dispositif final)
3ème temps :
- installation du dispositif de projection
- exposition des «making off»
- invitation d’autres projets pédagogiques à diffuser
leurs création
- préparation d’un moment convivial, d’un goûter
coloré
LE
ROLE DES INTERVENANTES DE LA LUNA
Les
intervenantes profitent de l’aspect inhabituel (projet pédagogique
«en chantier») de la proposition pour décaler,
déstabiliser les rôles pris au sein de l’école
(enfants comme adultes) et donner aux enfants une chance de “renaître”
différemment, sans a priori.
Les intervenantes offrent un savoir nouveau, source de plaisir, de
surprise, d’ouverture, dégagé des contraintes
scolaires habituelles : susciter le plaisir, le sensible, solliciter
très sérieusement l’intérêt pour
une autre dimension d’apprentissage : valoriser le subjectif,
rompre avec les notions habituelles de raisonnement, de logique et
d’efficacité immédiate deviennent des respirations
possibles dans le quotidien des enfants.
En petit groupe de travail, les intervenantes peuvent se permettre
d’être à l’écoute d’une quelconque
réaction, même inattendue, et de suivre dans une certaine
mesure les enfants dans leurs propositions : les rôles entre
adultes et enfants sont redistribués pour un temps. Il s’agit
de déplacer le lieu des savoirs, de partager d’autres
compétences et parfois de reconquérir une revalorisation
d’eux-mêmes aux yeux des autres.
LA QUALITE PLASTIQUE DES REALISATIONS
FILMIQUES
Il
s’agit d’inventer une autre relation à l’art,
de déplacer les notions du “beau comme unique valeur
artistique”, de ne pas envisager l’intervention “
audiovisuelles ” comme l’unique production en série
de films finalisés, rendus et démonstratifs, afin d’échapper
le plus possible à la notion répandue de consommation
d’objets et d’activités artistiques. Mais davantage
comme la possible mise en place d’un processus de créativité,
dont les enfants prennent possession.
LES MOYENS MATERIELS UTILISES
Une caméra cinéma super 8 et pellicule vierge
On
peut aussi, intervenir manuellement sur de la pellicule de film vierge,
ou sur de la pellicule noire râtée, ou des images déjà
faites, ou récupérées ailleurs... Colorer avec
des feutres spéciaux, des encres colorex plus fiel de boeuf
ou de l’encre de chine. Décolorer avec des solvants ou
ce l’eau de javel. Gratter et percer avec des outils pointus.
Un
filmage en caméra vidéo hi8 (technique légère
et peu onéreuse) permettra de suivre l’expérience
de la réalisation du film cinéma, ce sera la vidéo-mémoire
du projet, un regard documentaire sur l’action.
LE
COLLECTIF LA LUNA : CV
La
Luna association : 6,rue des hauts pavés. F-44000 Nantes
la Luna (atelier): 02-40-58-07-19...
e-mail
site internet
Projet
artistique de “la Luna” (collectif d’activité
et de production artistique coopérationnelle) : les artistes
plasticiennes de la Luna : Magali Larroque 2002-2003, Laure Coirier
1996 à 2003, Anne Racineux 1993 à 2003, Marie-P Rolland
1993 à 2003 et autres collaborateurs sur projets.
La
Luna crée sur l’espace public “ses espaces à
vivre”, ouverts à la présence des autres. Ce sont
des instants fragiles, des moments surprises, des temps de rencontre,
de parole à réinvestir...
La Luna explore une dimension artistique à portée de
geste, de voix, de regard...
Le caractère aléatoire des rencontres, la maîtrise
précaire des lieux et du temps nécessaire ne nous permettent
pas d’envisager l’oeuvre comme la production d’une
forme achevée et totalement définie à l’avance
mais davantage comme un processus de création sans cesse renouvelé,
perturbé et enrichi par cette confrontation même, qui
inclut projets, rencontres, transformations, dérives... comme
un processus de création lucide des contextes, soucieux des
proximités, sensible aux frôlements..