avril 2003

 
  Jean Painlevé (© DR)

SEANCES

Mercredi 9 avril à 20h30
+ LECON DE CINEMA par Roxane Hamery, Spécialiste de l’œuvre cinématographique de Painlevé

COURTS METRAGES DE JEAN PAINLEVE

Dans le cadre de l’Art Biotech, le Cinématographe propose au public de découvrir un réalisateur, à la fois cinéaste et chercheur, Jean Painlevé, autour de la question :
Science et fiction : vertige de l’indétermination


HYAS ET STENORINQUES
de Jean Painlevé
1927 / 10mn / intertitres
Musique : Chopin orchestrée par M. Jaubert

Ce film comprend trois animaux, le Hyas, le Sténorinque et le Spirogramme c’est-à-dire deux crustacés et un ver.


L’HIPPOCAMPE
de Jean Painlevé
1933 / NB / 13mn
Musique : Darius Milhaud
Opérateur : André Raymond

L’Hippocampe est le seul poisson vertical.

C’est grâce à David l’homme du son chez Pathé, que j’ai réalisé mes premières prises de vue cinématographiques sous-marines : il me donna un petit caisson étanche pouvant contenir et permettant de manipuler une caméra 35mm, seul format courant à l’époque et qui s’appelait une « Sept », car elle contenait sept mètres : comme on tournait à 16 images/seconde, au bout de quelques secondes il fallait remonter pour décharger et recharger la caméra.. Jean Painlevé


BARBE BLEU
de Jean Painlevé
1937 / couleur / 13mn
Sculpture : René Bertrand et ses trois enfants
Musique : Maurice Jaubert

En rassemblant scientifiques et cinéastes, j’ai toujours voulu dire « scientifiques ET technique ». Voilà maintenant un exemple de nouvelle technique : ce fut le premier et seul film de sculpture animée. A l’aide de plastelline armée de métal, le sculpteur René Bertrand aidé de ses enfants dont le petits doigts faisaient merveille, modelait chaque personnage entre chaque prise de vue d’une image. Il découvrit qu’en prenant trois gestes successifs sur une seule image, on obtenait une souplesse extraordinaire du geste, mais le film dont l’enregistrement dura trois ans de 1934 à 1937 était alors à moitié fait, aussi la première moitie est-elle un peu arthritique alors que la suite est magnifiquement animée… Jean Painlevé


LE VAMPIRE
de Jean Painlevé
1939-1945 / NB / 9mn
Musique : Duke Ellington

Ca a du être par prémonition qu’en 1939, juste avant la guerre, je pris les images u vampire…

Les chauve-souris ont toujours été symbole du Diable et clouées bêtement sur les portes des fermes. J’ai appuyé les effets par « Black et Tan Fantaisy » et les « Echoes of the Jungle » de Duke Ellington, ce qui accentuait mon attitude scandaleuse vis-à-vis de la science.
Jean Painlevé


DIATOMEES
de Jean Painlevé
1968 / NB / 13mn
Musique : P. Anglès et R. Lersy

Les Diatomées sont un des domaines empiétant sur les végétaux et les animaux., je les ai photographiées avec la ligne de retard que j’avais fait fabriquer par Hitachi, montrant tous les détails à la perfection, le contraste de phase électronique s’ajoutant au contraste de phase optique.
Jean Painlevé



CRISTAUX LIQUIDES
de Jean Painlevé
1978 / couleur / 7mn
Musique : François de Roubaix

J’avais demandé au musicien François de Roubaix d’écrire une musique qui lui plairait et sur laquelle je mettrais ultérieurement des images, le contraire de ce qu’on fait d’habitude. Il disparût lors d’une expédition sous marine et quelques mois plus tard, son père me remit la cassette enregistrée par François. Un jour ce fut l’éclair : les cristaux liquides. Les cristaux liquides dont la disposition moléculaire dépend notamment de la température et de la pression, donnent entre lame et lamelle des couleurs depuis le noir, quand les molécules se placent dans toutes les directions, jusqu’à la palette la plus variée suivant leurs disposition relatives.
Jean Painlevé

LA 4EME DIMENSION
de M.A. Sainte Lagué
1936 / NB / sonore / 10mn
Truquage de A.P. Dufour

Je considère que ce film, résultat de très beaux truquages de AP Dufour, conforte tous les fumistes qui avec des truquages aussi excellents suggestionnent tous les malheureux en quête de mystère ; quand on est incapable d’expliquer le banal, on se réfugie dans le merveilleux !..
Jean Painlevé


JEAN PAINLEVE

« Si l’on fait aujourd’hui le bilan des deux cents films scientifiques de Jean Painlevé, on découvre l’aventure exemplaire de cet ami de Jean Vigo et des surréalistes, de plongeurs cinéastes d’avant Cousteau, de ce fou de musique de jazz qui n’hésitait pas à associer « le vol des vampires » des forêts de l’Uruguay au Black Tan Fantasy de Duke Ellington, ou le drame quotidien des dytiques de « assassins d’eau douce » aux trompettes de Luis Armstrong ou de Cab Calloway. Il rendait ainsi ces films à leur époque en les rendant en même temps éternellement jeunes. »
JEAN ROUCH

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