| |
![]() |
![]() |
![]() |
|
![]() |
|
![]() |
||||
| |
![]() |
![]() |
|||||||||
|
avril
2004
|
|||||||||||
![]() |
RETROSPECTIVE
JOAO CESAR MONTEIRO > DU 14 AVRIL AU 25 MAI 2004 1. LA TRILOGIE DE DIEU DU 14 AU 18 AVRIL 2004 Dans un texte sur le passé et le présent de Manoel de Oliveira, João Cesar Monteiro (1939-2003) déclarait faire partie de la famille des « cinéastes catholiques » ; comme il n’a pas été religieux, cette affirmation peut passer pour une provocation de plus, mais si nous la prenons comme importante et révélatrice, peut-être nous révèle-t-elle que Monteiro a été aussi un cinéaste qui s’est penché sur le lien avec le sacré, et, plus concrètement, que sa relation avec l’iconologie a été de l’ordre de la croyance. Il est certain que la relation avec le sacré a pris également, jusqu’à son dernier film, un caractère de blasphème. Toutefois ce n’est jamais qu’une façon négative de marquer cette relation. Et c’est sûrement avec une attention blasphématoire que, après Souvenirs de la Maison jaune (1989), Monteiro a placé son image, et plus encore celle de son corps, en chair et en os, au centre de son cinéma. Depuis sa première fiction, le court-métrage Qui attend des souliers de défunt meurt pieds nus (1970) l’horizon de la mort était annoncé dans son cinéma. C’était le point extrème d’un vécu de déraison qui caractérise l’histoire personnelle de Monteiro. Après de nombreuses errances, dont on retiendra un film très provocateur et insolite, fait pour la télévision dans le bouillonnement du processus révolutionnaire au Portugal, Que ferais-je avec cette épée ? (1975), Monteiro s’est retrouvé comme cinéaste-acteur avec Souvenirs de la Maison jaune, créant son alter ego, Jean de Dieu, un être misérable et déraisonnable, scatologique et amateur de certaines particularités féminines. Bien que le nom de Jean de Dieu soit fréquent au Portugal, il y a « Dieu ». Dans le cinéma de Monteiro, il y a le sacré et sa profanation , l’obsession accumulatrice et collectionneuse à l’encontre du sexe féminin des jeunes filles en fleur et de leurs attributs (peut-être même un dispositif sadien – du reste, Monteiro a voulu faire une adaptation cinématographique de La Philosophie dans le boudoir). C’était une présence fantastique et même vampirique : s’il est une figure cinématographique avec laquelle Monteiro a mis jean de Dieu en relation, c’est Nosferatu de Murnau. Une invocation faite la première fois dans Souvenirs de la Maison jaune, lorsque Jean de Dieu sort des souterrains comme Nosferatu. Entre le réalisateur-acteur et son personnage, Monteiro en est venu à imaginer un intermédiaire – dans le film ou réapparaît le personnage (La Comédie de Dieu, 1995), il est désigné sous le nom de Max Monteiro, de Max Schreck, l’acteur qui aurait incarné Nosferatu. Les Noces de Dieu (1998) ont conclu la trilogie et bien que Monteiro ait fait entre temps deux autres longs-métrages et en ait fait un autre encore après, les films de Jean de Dieu l’avaient métamorphosé dans le personnage de son cinéma. Serait-il arrivé à s’en échapper ? João Vuvu, comme il se nomme dans Va et vient, est une exorcisation du personnage antérieur et aussi un adieu dont Monteiro savait déjà qu’il serait irréversible. Va et vient est le film de quelqu’un qui se regarde sans contemplation, dans l’autodérision et c’est le film de quelqu’un qui se sachant malade met en scène sa maladie, sa propre mort et même ses funérailles, au cours desquelles il apparaît sous la forme d’un fantôme – comme João Cesar Monteiro savait qu’il nous regarderait encore, nous, ses spectateurs posthumes de Va et vient. A moins que ce ne soit aussi le regard de Dieu. Augusto M. Seabra Souvenirs de la maison jaune La comédie de Dieu Les noces de Dieu |
|
|||||||||
| |
|
|
|||||||||
|
|
|
|||||||||
![]() |
|
||||||||||
| |
|
|
|
||||||||
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|