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SEANCES
Vendredi 30 avril à 20h30
Dimanche 2 mai à 20h30
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DEMI-TARIF
d'Isild Le Besco
France / 2004 / 1 h 03
avec Kolia Litscher, Lila Salet, Cindy David...
Trois enfants livrés à eux-mêmes tentent de survivre
en l’absence de leur mère. En voix off, Isild Le Besco
parle de celle qu'on ne verra jamais, «elle», la mère
indigne partie on ne sait où, laissant à sa progéniture
les clefs de la maison et trois sous pour faire les courses.
«Depuis A bout de souffle, j'ai admiré beaucoup de
films magnifiques, émouvants, novateurs, mais ce sentiment physique
de fraîcheur et d'urgence, ça, je ne l'avais plus jamais
ressenti jusqu'à Demi-Tarif. J'avais vu, nous avons tous vu,
beaucoup d'enfants au cinéma, quelquefois géniaux, et
filmés par des génies. Mais même les génies
ne peuvent pas oublier d'être des adultes et de filmer les enfants
en plongée. A la glorieuse époque du cinéma militant,
j'avais un jour expliqué à mes camarades ouvriers que
les vrais films sur leur condition, il faudrait qu'ils se décarcassent
pour les faire eux-mêmes, parce que les vrais films sur les pingouins
ne seraient convaincants que le jour où un pingouin saurait se
servir d'une caméra.
«Nous y voilà : grâce à la caméra DV,
les pingouins ont pris le pouvoir, et ce côté "vie
des bêtes" de Demi-Tarif nous permet de voir ce qu'on n'avait
jamais vu : les enfants comme ils sont entre eux, quand il n'y a aucun
regard d'adulte, même bienveillant, même subtil, pour modifier
la chose filmée. D'où un autre péril : que d'autres
s'exclament, "mais c'est tout simple, on n'a qu'à leur mettre
une caméra entre les pattes, et on aura à volonté
l'enfance que vous réclamiez, l'enfance brute". Ceux-là,
il faudrait qu'ils fassent l'effort d'imaginer la somme du travail par
lequel une jeune fille vivant encore dans l'écho de son enfance
a trouvé le talent et l'énergie de reconstruire, avec
d'autres enfants, dans des lieux choisis et organisés, selon
un rythme et un style qui sont à elle, pas au hasard ni à
la chance, des moments d'une vie encore assez proche pour qu'elle y
fasse passer la vibration de la vérité captée,
et déjà assez éloignée pour qu'elle sache
en mesurer les pleins et les déliés.
«Ce n'est pas de la télé-réalité que
nous offre la môme Le Besco, ni cette autre idiotie qu'on a appelée
cinéma-vérité, c'est un vrai travail de metteur
en scène, et c'est la naissance, qu'on aime le mot ou non, d'une
artiste.» Chris MARKER
voir
le site officiel du film
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