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SEANCES
Mercredi 28 avril à 20h30
Soirée
complétée par la projection de L'ange
et présentée par Colas Ricard
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LA
FEMME QUI SE POUDRE
de Patrick Bokanovski
France / 1970-72 / 18 min
"C'est pourtant le type même du chef-d'œuvre fulgurant,
qui ne ressemble à rien de connu (même si l'on peut, par
approximation, évoquer Goya ou l'Expressionnisme allemand). Même
au niveau du discours que l'on peut, ou que l'on ne peut pas tenir sur
lui, c'est un film qui provoque le malaise. La musique (de Michèle
Bokanowski) est aiguë, faite, dirait-on, de sifflements de vent,
de bruits de soucoupe volante ou de trompettes tibétaines et
de bribes de paroles dans une langue indiscernable. Comment ce que l'on
voit a-t-il été obtenu ? Il y a parfois des surimpressions,
ou bien des personnages 'réels', portant des masques grotesques,
"frankensteiniens" ou un bas sur le visage, filmés
à travers un verre sale, ou bien interviennent des éléments
dessinés, (un personnage ou des volumes traversent le champ et
s'assemblent en une forme étrange et cohérente) le résultat
est que l'espace de ce film est constamment brouillé ; c'est
un film sans sol et qui par conséquent désoriente le spectateur
le mieux assis. Si l'on remarque que ces créatures (parmi lesquelles
certes, parade un bref instant une femme qui se poudre) se livrent lentement
à des actes que l'on ne comprend pas mais dont on pressent l'épouvantable
jeu (s'agit-il d'un assassinat ?) si l'on observe comment deux personnages
'réels' se changent tout à coup en taches d'encre cependant
qu'un bombardement de météorites dessinées ou peintes
frappent la terre, si l'on repère tel personnage continuant à
verser du café dans une tasse pleine qui déborde en longue
traînée sombre, on se dit qu'est à l'œuvre,
dans ce film noir, déroutant, la logique du cauchemar. D.
Noguez. © Collectif Jeune Cinéma
Prix du Court Métrage Festival International du Jeune Cinéma
de Toulon-Hyères 1974
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