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SEANCES
Mardi 20 avril à 20h30 |
TITICUT
FOLLIES
de Frédérick Wiserman
USA / 1967 / 1h24 / NB / VOSTF / documentaire
Avec Patrick de Bardine, Sylviane Rozenberg, Gérard Szymanski,
Monique Hoa, Gabrielle Fontan, Zhang Chunhua
Interdit par la censure américaine de 1967 à 1991, Titicut
Follies, le premier film de Frederick Wiseman, montre sans détours
l’effroyable quotidien vécu par les détenus de l’hôpital
psychiatrique de Bridgewater, dans le Massachussets.
"Strike up the Band!" chante l’animateur lors d’un
spectacle de variété organisé par le personnel
avec les malades. Ce sont les premières paroles du film, les
dernières tolérables aussi avant que ne commence "la
visite" de l’institution pénitentiaire. A chaque pas,
on se rapproche des détenus pour s’éloigner des
gardes et des médecins. A chaque rencontre, on découvre
l’insoutenable réalité de l’enfermement. Bridgewater
vu au rythme d’une visite, sans encombre et sans questions. On
dirait même que l’établissement, pour l’occasion,
s’est mis à nu, délivre ses secrets. Bâtiments
vétustes et conditions d’hygiène inhumaines. Ici,
à défaut de soins, on administre des calmants. Un vieil
homme vient de mourir. On le reconnaît. C’est lui que les
gardes ont nourri à l’entonnoir... Dans une autre pièce,
un groupe d’hommes fixe la caméra. Les gardes les ont déshabillés.
Ils vont être fouillés et humiliés. Bridgewater
devient un labyrinthe. On s’égare dans les couloirs, on
confond les escaliers, on cherche une porte. On veut sortir.
Lorsque le film est présenté en 1967, l’état
du Massachussets est indigné, non contre la réalité
à Bridgewater mais contre Wiseman. On l’accuse d’avoir
manqué d’éthique, d’avoir diffamé le
personnel et les médecins. Ces derniers porteront d’ailleurs
plainte. On l’accuse aussi de pornographie : des malades auraient
été filmés nus sans avoir donné leur consentement.
Wiseman va se débattre en justice, invoquant le Premier Amendement
de la Constitution garantissant la liberté de l’information.
Hélas, les autorités sont contre lui. Il a montré
ce que certains, trop vite, lui ont permis de voir. A l’issue
du procès, le film est censuré. Seuls les milieux juridiques
et médicaux auront le droit de le visionner.
Il faut attendre 1991 avant que Titicut Follies ne soit à nouveau
autorisé pour tous les publics. "C’est le temps qui
a légitimé mon film..." commente aujourd’hui
Wiseman.
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