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SEANCES
vendredi 15 avril à 18h
vendredi 22 avril à 15h
vendredi 29 avril à 21h
lundi 2 mai à 20h30
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JACKIE BROWN
de Quentin Tarantino
USA, 1997, 2h31, VOSTF
avec Pam Grier, Samuel L. Jackson, Robert Foster, Robert De Niro, Bridget
Fonda, Michael Keaton
Jackie Brown, hôtesse de l'air, arrondit ses fins de mois en convoyant
de l'argent liquide pour le compte d'un trafiquant d'armes, Ordell Robbie.
Un jour, un agent fédéral et un policier de Los Angeles
la cueillent à l'aéroport. Ils comptent sur elle pour
faire tomber le trafiquant. Jackie échafaude alors un plan audacieux
pour doubler tout le monde lors d'un prochain transfert qui porte sur
la modeste somme de cinq cent mille dollars. Mais il lui faudra compter
avec les complices d'Ordell, qui ont des méthodes plutôt
expéditives.
« On connaît le goût de Quentin Tarantino pour les
personnages intarissables. Dans Jackie Brown, on flingue moins mais
on cause de plus belle. On digresse sur les vieux disques en vinyle.
On parle de ce qu’on va faire puis de ce qu’on a fait. L’arnaque
de Jackie, face à des malfrats et un prêteur sur gages
pur et droit, est répétée comme une pièce
de théâtre qui se jouerait sur la scène d’un
grand centre commercial (entre cafétéria et magasin de
vêtements). Le roman d’Elmore Leonard se passait à
Miami. Tarantino l’a transposé dans la South Bay, éden
en toc, béton et plastique. Il nous ballade ainsi jusqu’à
ce que l’absence d’effets, de trucs, de spectaculaire fasse
son effet. Ces losers sympathiques suggèrent – mais oui
– une morale, peu orthodoxe mais qui étonnera ceux qui
guettaient l’explosion de violence d’un polar de plus. »
François Gorin (Télérama)
« Le vieillissement des apparences, la simple présence
des lieux : Tarantino a construit son film sur cette limpide sérénité
du regard, celui d’une évidence atteinte à travers
l’évidement des formes. Sa recherche effrénée
de la saillie et du fait significatif laisse place aux temps morts et
à la banalisation de la violence et des apparences par le quotidien.
Ce qui n’en met que mieux en relief les irruptions d’angoisse
et d’anxiété, comme des traits de nervosité
striant un espace apaisé (De Niro tuant brusquement Bridget Fonda
au milieu d’un parking), ou permet de filmer en deçà
la mort à l’oeuvre (ce même De Niro abattu par Samuel
Jackson en une ellipse sanglante, en un court-circuit meurtrier). Des
balles s’échangent dans Jackie Brown, mais furtivement
; des revolvers sont dégainés, mais ils pèsent
leur poids de nostalgie et de mort ; des cadavres apparaissent mais
ils rôdent, ils hantent, plus qu’ils ne tombent. Tarantino,
explicitement – il se moque ironiquement de The Killer -, a situé
son film aux antipodes du cinéma de John Woo : les corps ne sont
pas virtuels, les échangent refusent la chorégraphie,
la violence fuit le ballet et l’espace n’est pas une scène
d’opéra ou d’église. Le temps s’est
emparé des apparences et a imprimé son vieillissement
tandis que la mélancolie a imposé d’autres formes
de rides aux lieux et aux actions. Rien n’est facile mais tout
est tranquille ; rien n’est aisé, tout marche au ralenti.
C’est le destin des vies minuscules filmées par Tarantino
: elles trouvent leur grandeur dans la sérénité
des gestes et l’évidence du temps qui passe. Comme Pam
Grier murmurant les paroles d’une chanson entendue à la
radio. »
Antoine de Baecque (Les Cahiers du Cinéma)
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