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SEANCES
mardi 27 mars à 20h30
vendredi 30 mars à 18h30
samedi 31 mars à 20h
dimanche 1er avril à 18h30
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L’AMOUR
DE L’ACTRICE
SUMAKO
(JYOYU SUMAKO NO KOI)
de
Kenji Mizoguchi
Japon,
1947, 1h35, VOSTF
Avec
Kinuyo Tanaka, Soh Yamamura, Shin Tokudaiji, Sugisaku Aoyama
Le jeune écrivain Shimamura est à la
recherche d'une comédienne pour jouer le rôle principal
de la pièce d'Ibsen "La Maison de Poupée".
Il rencontre alors Sumako, belle apprentie-comédienne et épouse
insatisfaite. Tous deux tombent amoureux et Sumako triomphe à chaque
représentation mais leurs rapports troublent la troupe... La
rigueur du maître japonais se ressent ici par la mise en scène épurée
et la construction du scénario qui ne laisse place à aucune
fioriture. La délicate photographie met en valeur une direction
d’acteurs impeccable.
« Monté en parallèle du projet concurrent
de la Toho L'Actrice, L'Amour de l'actrice Sumako est une
biographie romancée de la véritable Matsui Sumako (1886-1919).
Une nouvelle occasion pour Mizoguchi de brosser le sensible portrait
d'une femme forte – entièrement engagée à l'amour
de son art et de son mari –, le cinéaste et son fidèle
scénariste Yoshikata Yoda ne parviennent pourtant pas à rendre
entièrement justice à leur modèle. Le directeur
marié d'une compagnie de théâtre, Hogetsu Shimamura,
tombe amoureux de la nouvelle recrue Matsui Sumako lors de la préparation
de la pièce adaptée d'Ibsen, A Doll's House / La maison
de poupées. Bravant les interdits et les racontars s'ensuivant
leur relation commune, ils seront pourtant le pivot central de la création
du mouvement de Théâtre Japonais Moderne, le shingeki.
Femme engagée, Sumako avait été en avance sur
son temps. Femme libérale, elle n'avait eu cure de la médisance
et du mépris affichées par la rigide société japonaise
n'acceptant pas l'officielle relation entre un homme marié et
de sa maîtresse. Dévouée toute entière au
théâtre, ses idées et son jeu d'acteur progressistes étaient
tout d'abord rejetés par une population bousculée par
la modernité de ses pièces adaptées occidentales
; ce n'est qu'après son suicide – au firmament de sa gloire
et s'étant totalement identifiée à son dernier
personnage interprétée, Carmen – que toute la répercussion
de son travail en collaboration avec son amant a été mesurée.
Mizoguchi détourne donc toute une partie de sa personnalité pour
dresser le portrait d'une femme entièrement dévouée
au travail de son mari. Respectant la logique de sa propre thématique
poursuivie, qui était de brosser le portrait de femmes conditionnées
par les hommes, le cinéaste se démarque par trop d'un
personnage ayant véritablement vécu. (…) Reste
une œuvre mineure dans la filmographie de son réalisateur
aux qualités indéniables : outre sa thématique
personnelle poursuivie, Mizoguchi rend un autre hommage appuyé à une
forme d'art, ici l'avènement du théâtre japonais
moderne, le shingeki. (…) Le couple dans le film ne semble jamais
remettre en doute leur passion commune, mais certaines séquences
laissent tout de même sous-entendre leur sacrifice au profit
du seul théâtre. Mizoguchi, en lecteur vorace, devait
certainement s'identifier aux œuvres de l'auteur norvégien
: outre le fait, que le cinéaste était lui-même
dévoré personnellement par sa passion de faire du cinéma,
il partageait également le goût en commun avec le dramaturge
concernant l'appréhension de la psychologie humaine. Connu pour être
le ''Freud'' du théâtre, Ibsen s'intéressait notamment
dans toute la dernière décennie de sa création à la
profonde psychologie humaine. Mizoguchi, à travers principalement
ses sensibles portraits de femmes, ne s'est pas lassé à disséquer
leur difficile condition due la gente masculine et à la société en
général. La mise en scène est soumise entièrement à l'intrigue
; si l'histoire est d'abord introduite par la présentation du
personnage masculin, l'intrigue progressant établit définitivement
l'actrice comme protagoniste principale. Les plans statiques et larges
ne se rapprochent de Matsui que lorsqu'elle répète ou
joue sur scène. Le choix d'opter dans un premier temps pour
des cadrages très éloignés de la scène,
quasiment aux derniers rangs du public, signifie évidemment
la distanciation des spectateurs pour des spectacles peu familiers,
avant de rendre compte de leur adhésion enthousiasmante. »
Bastian Meiresonne
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