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SEANCES
vendredi 30 mars à 20h30
lundi 2 avril à 18h30
jeudi 5 avril à 18h30
lundi 9 avril à 21h
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LES
CONTES DE LA LUNE VAGUE APRÈS LA PLUIE (UGETSU MONOGATARI)
de
Kenji Mizoguchi
Japon,
1953, 1h37, VOSTF
Avec
Machiko Kyo, Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka
Dans un misérable village, Genjuro
le potier et Tobei son beau-frère
rêvent, l'un de richesse et l'autre de gloire. L'armée Shibata survient
et la guerre fait irruption : désordres, fuites et pillages sont quotidiens… Genjuro
se retrouve ensorcelé par une étrange princesse morte et Tobei,
devenu fier et faux samouraï, découvre sa femme, prostituée
dans une taverne de passage… Une parabole sur l'inconsistance des biens
temporels, les vicissitudes et horreurs de la guerre...
« Les Contes de lune vague après la pluie
(Ugetsu monogatari), Lion d’argent au Festival de Venise
1953, appartient à la dernière période du cinéaste,
celle des films historiques produits par la firme Daiei. Celle aussi
de la consécration internationale. Le scénario est tiré de
deux nouvelles fantastiques de d’Akinari Ueda, écrivain
japonais du XVIIIè siècle qui s’inspirait de vieilles
légendes, La Maison dans les roseaux et La Lubricité du
serpent. Détail plus surprenant : la transformation du
paysan Tobei en samouraï est la libre adaptation d’une nouvelle
de Guy de Maupassant, La Décoration. (…) Le sort des
femmes – auxquelles Mizoguchi s’est toujours extrêmement
intéressé – soulève, ici, une grande émotion.
Miyagi et Ohama sont à la fois victimes de la guerre et des
rêves de leurs maris, des hommes qui se perdent en de vains désirs
et causent le malheur de leurs compagnes. La mort de Miyagi, (…),
les retrouvailles, dans un bordel, d’Ohama déchue et de
Tobei jouant au samouraï triomphant comptent parmi les moments
les plus significatifs de la tendresse douloureuse qu’éprouvait
Mizoguchi à l’égard de la condition féminine.
Dans la superbe de l’œuvre, la femme morte comme la femme
déchue apportent le pardon et la sagesse. Mais il a fallu passer
par toutes sortes d’épreuves. Les événements
historiques sont présentés, admirablement, de façon
réaliste. Sans transition, le monde réel bascule dans
le surnaturel. Les rêves sont fous, les séductions trompeuses,
la vie et la mort intimement liées. La princesse ensorceleuse
n’existait pas vraiment. Lorsque le monde réel reprend
le dessus, Genjuro ne voit plus que les ruines du manoir aux sortilèges ;
Tobei, faux guerrier, est saisi par le remords devant Ohama prostituée.
Quel chemin fallait-il parcourir pour connaître la paix intérieure ?
Un fantôme bienveillant rend à Genjuro son foyer, les
yeux de Tobei se désillent, la guerre s’éloigne… (…)
Ce conte moral et fantastique touche à des valeurs universelles
et parle à toutes les consciences. La mise en scène,
où dominent les plans d’ensemble descriptifs, et l’esthétique
des images, en blanc, noir et gris, traduit souvent la vie intérieure
de personnages frustes et confrontés à un destin à la
fois social et métaphysique. La réalisation de Mizoguchi
unit, d’une manière incomparable, le réel et le
surnaturel. Elle fait passer le spectateur au-delà de l’extérieur
des choses, comme pour une expérience personnelle. »
Jacques Siclier, Le Monde
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