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SEANCE UNIQUE
lundi 23 avril à 20h30
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CONTRECHAMP
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LES MISCELLANÉES CINÉMA
LE BERNARD L'ERMITE
De Jean Painlevé
France, 1927, 14 min
Vie et mœurs du Bernard par le pionnier du cinéma scientifique.
Réalisateur, scénariste et compositeur,
Jean Painlevé (1902-1989) est l’un des grands représentants
du cinéma documentaire scientifique. Il présente
en 1923 devant l’Académie des sciences un court-métrage
sur le développement de l’œuf d’épinoche.
L’accueil des académiciens est plutôt froid.
Jean Painlevé comprend alors qu’il doit s’adresser
au plus grand nombre et va ainsi développer un cinéma
documentaire scientifique de vulgarisation. Ainsi naît tout
une série de films marquants pour cette forme de cinéma
documentaire (La Pieuvre, Les Oursins, La Daphnie, Les Crabes,
Les Crevettes, Le Bernard l’ermite…). Il est également
le fondateur en 1930 de l’Institut de Cinématographie
Scientifique. Cette petite citation de Jean Painlevé permettra
de comprendre ses ambitions : ''Le cinéma est au service
de la science en la rendant plus claire et accessible à un
plus grand nombre et en multipliant ou amplifiant ses résultats.''
ROOLER GAB
De Raphaël Zarka
France, 2004, 7 min
Une descente en lacets dans la garrigue entre Nîmes et
Montpellier.
« Photographier, ce n'est pas quelque chose qui va de
soi, je suis absolument étranger à la logique de "l'instant
décisif". Les seules choses que je m'autorise à photographier,
ce sont des objets tellement immobiles qu'ils sont presque "naturellement" à l'état
de photographie. Les Formes du repos sont des photographies au carré.
Il en va de même de la roue en parpaings qui n'est que la sculpture
d'une sculpture. J'ai repris, au sens musical du terme, une œuvre de
l'artiste brésilien Iran Do Espirito Santo : un cercle taillé dans
un mur en briques. Cette œuvre, comme beaucoup d'autres dans l'art
contemporain, fonctionne sur le modèle de la partition musicale ou
de la recette de cuisine ; si je te dis "une roue taillée dans
un mur de briques", tu as déjà une image dans la tête.
C'est une œuvre "allographe", qui peut aussi bien être
réalisée par l'artiste que par un autre. J'ai rendu effectif
ce mode de fonctionnement qui, dans l'art contemporain, n'est finalement
que théorique. Bien sûr je n'ai pas fabriqué cette roue
pour illustrer une idée. C'est quelque chose que j'aurais pu, que
j'aurais dû faire... D'ailleurs, une même œuvre, prise
dans le contexte du travail d'un artiste ou d'un autre n'a plus forcément
le même sens. Pour moi c'est tout simplement un oxymore de l'immobilité en
mouvement. C'est en ce sens que j'avais suggéré à Albert
Asthom de reprendre dans le communiqué de presse de l'exposition chez
Vasistas le passage du livre de Cyrano de Bergerac (L'Autre monde ou les états
et empires de la lune) où il décrit une ville roulante. Dans
la vidéo que j’ai présenté au Frac Languedoc-Roussillon
(Rooler Gab), comme dans la vidéo du Pentacycle c'est toujours ce
même point qui est essentiel (d'ailleurs les règles sous-jacentes à ces
deux vidéos sont les mêmes). Il ne s'agit pas de n'importe quelles
ruines, ce n'est pas une maison ou un bunker, ce sont des espaces qui étaient
dédiés au mouvement, à la vitesse même. Mais pour
filmer leur immobilité, j'ai besoin de fixer un étalon. L'étalon,
c'est le mouvement en fonction duquel se mesure l'immobilité. L'étalon,
c'est le chien, le Pentacycle. » Raphaël Zarka, entretien
avec Cécilia Bécanovic, Offshore, 2004
L'ABSIDE, LA CLOCHE ET L'ANTILOPE
De Aurélien Froment
France, 2005, 30 min
Une visite guidée d’Arcosanti, le projet que
l’architecte
Paolo Soleri a initié dans le désert d’Arizona.
Arcosanti est ''l’œuvre de toute une vie de l’architecte
Paolo Soleri'', selon Roger Tomalty, notre guide dans le film. L’abside
est un dôme, qui accumule de l’énergie en hiver
et régule la chaleur dans la saison chaude. Les cloches sont
fabriquées sur le site et vendues afin de financer la construction
du bâtiment. L’antilope profite des herbes fraîches
qui repoussent après un incendie. L’Abside, la cloche
et l’antilope a été produite par Les Laboratoires
d’Aubervilliers.
Le travail d’Aurélien
Froment est traversé par
le cinéma, son imaginaire, ses formes, ses types de narrations
et la mémoire collective qu’il constitue. Qu’il distribue
des tracts à l’entrée des cinémas pour raconter
la fin du film programmé ou qu’il transporte des spectateurs
dans une voiture en leur faisant écouter la bande-son du film
Duel de Steven Spielberg, c’est tout un imaginaire cinématographique
qu’il convie, rejoue et réinvestit. Son œuvre, néanmoins,
fait usage d’autres médiums et d’autres référents.
LETTRE À FREDDY BUACHE
De Jean-Luc Godard
Suisse, 1981, 11 min
Lettre à Freddy Buache à propos d’un court-métrage
sur la ville de Lausanne.
« Cette lettre adressée à Freddy Buache a été réalisée à l'occasion
du cinquième centenaire de la ville de Lausanne, ville même où Freddy
Buache dirige la Cinémathèque qui possède un grand nombre
de films de Godard. C'est dans le cadre de cette intimité, de ce regard
commun porté sur un cinéma en perte de vitesse (il y a urgence,
dit-il, le cinéma va mourir bientôt) que Godard part en quête
de son sujet, d'une vérité sur la ville, sur l'image. À la
recherche d'un centre, entre l'eau et le ciel, qui définirait la spécificité de
Lausanne, traquant un mouvement qui ferait le lien entre ces points d'ancrage,
entre ces extrêmes ("Lausanne, c'est trois plans : un plan vert, un
plan bleu, et comment ça passe du vert au bleu"), il s'autorise au
passage quelques approximations, ébauches, esquisses tremblées
dans la contemplation d'un paysage, d'un visage pris au ralenti, dans le bruissement
ténu des feuillages trempés de lumière, dans les humeurs
dormantes de l'eau, le mouvement somnanbulique de la foule. Il s'autorise quelques
détours par la peinture (l'écriture impressionniste) puis le documentaire,
pour mieux revenir au centre, pour trouver dans le mouvement de la foule le départ
de la fiction, rêver un film-parcours idéal qui irait de Robert
Flaherty à Ernst Lubitsch, à qui cette lettre est dédiée. » Stéphanie
Moisdon, L’Encyclopédie des nouveaux médias, Centre George
Pompidou
SILBERHÖHE
De Clemens von Wedemeyer
Allemagne, 2003, 10 min
Une maison est détruite, des pierres glissent. Le
cinéma transforme les marges de la ville en décor de films jamais
tournés.
L'artiste allemand Clemens von Wedemeyer (né en 1974) a réalisé trois
films Silberhöhe, (2003) Die Siedlung / The New Estate (2004) et Metropolis
/ Report from China (2006) en collaboration avec l'artiste française Maya
Schweizer. Dans les films qu'ils réalisent ensemble, ils utilisent des
images et des genres cinématographiques classiques pour former un cadre
d'interprétation des phénomènes modernes. Dans Silberhöhe,
Wedemeyer inclue des extraits sonores et visuels du film L'Éclipse de
Michelangelo Antonioni afin de souligner les défaillances fondamentales
du projet moderniste dont l'apothéose sera la destruction de quartiers
entiers d'immeubles résidentiels dans l'ex-RDA. Die Siedlung est le complément
de Silberhöhe. Ce documentaire présente en contrepoint la construction
de lotissements en Allemagne de l'Est. Le dernier film s'inspire de Metropolis
de Fritz Lang dont on se souvient de l'impact sur l'histoire du cinéma
et sur l'architecture. Clemens von Wedemeyer s'en sert comme d'un outil critique
dans sa réflexion sur les évolutions urbaines, sociales et architecturales
de la Chine contemporaine.
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