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SEANCES
vendredi 27 avril à 18h30
samedi 28 avril à 20h
lundi 30 avril à 20h30
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ECHO
PARK L.A. (QUINCEAÑERA)
de
Richard Glatzer et Wash Westmorland
USA,
2005, 1h30, VOSTF
Avec
Emily Rios, Chalo Gonzalez, Jesse Garcia, Terah Gisolo, Carmen Aguirre, Art Aroustamian
Magdalena vit au sein de la communauté latinos
d¹Echo Park, un quartier de Los Angeles. Avec ses parents, elle
prépare sa quinceañera, la grande célébration
traditionnelle qui aura lieu pour l'anniversaire de ses quinze ans.
Mais Magdalena tombe enceinte. Rejetée par son père,
elle est hébergée par son grand oncle Thomas et son cousin
Carlos. Ces quelques mois de vie commune marqueront un tournant dans
la vie de chacun tout comme le quartier d¹Echo Park, lui aussi
en profonde mutation.
« Echo Park, L.A.,( Quinceañera en VO),
comme son titre ''français'' l'indique, est un film de quartier.(…).
Quinceañera, au-delà de l'histoire intime de plusieurs
familles latinas, raconte aussi un quartier à fortes racines
traditionnelles qui est en train de se démantibuler sous la
pression du commerce, de l'afflux des bobos et du boom immobilier.
''Les tamales sont à mourir !'' font deux pétasses
artistes devant un stand de graille clandestin (juste une encoignure
de porte qui, effectivement, abrite un étal tous les soirs
sur Sunset). Richard Glatzer et Wash Westmoreland ont beau avoir
réalisé leur film à toute blinde (trois semaines),
le quartier change encore plus vite : Funky Revolution, le magasin
de fripes, est devenu une boutique d'antiquaire. Même le cul-de-sac
qu'habitent les cinéastes a passablement dérouillé depuis
le dernier clap : les voisins de chaque côté d'eux ont été contraints
de partir à cause des hausses de loyers. Sur la gauche, un
trou béant attend ses quatre condominiums. Il y a encore un
an, c'était la maison de l'héroïne, Magdalena.
Sur la droite, vivait la famille qui a inspiré les auteurs.
En 2004, six mois avant la fête elle-même, elle leur
avait demandé d'être les photographes de la quinceañera
de sa fille (…) ''On habite ici depuis 2001, et on connaissait
toutes les familles de la rue,dit Wash avec un fort accent du Yorkshire.
Peut-être parce que c'est un cul-de-sac qui surplombe Sunset.
On a filmé dans beaucoup de ces maisons, qu'on n'a pas du
tout apprêtées ou habillées. On voulait vraiment
donner un portrait du quartier. À part le cimetière,
qui est à Hollywood, on a fait ça dans un rayon d'un
kilomètre et demi.'' (…) Le quartier d'Echo Park, coincé entre
les collines et l'autoroute, Silver Lake et downtown, a toujours été un
bastion un peu retors à la colonisation. De vieilles alliances
ont changé au cours des ans : dans les années 70, en
plus des Hispaniques, le quartier comptait beaucoup plus d'homos.
Les saunas et les bars cuir étaient légion, mais, depuis
le sida, seul un écriteau ''No cruising'' sur Hyperion rappelle
encore cette rage de vivre. Depuis dix ans, les nouveaux arrivants
sont les jeunes blancs, tendance artistes ou marginaux, ceux qui
ne peuvent pas s'offrir Silver Lake ou Los Feliz, mais aussi beaucoup
d'orientaux – complètement absents du quartier hispanisant
montré par Westmoreland et Glatzer. Qui n'est pas non plus
le ghetto dur et fétichisé que montrait Allison Anders
dans son film faiblard de 1993, Mi vida loca. L'a priori voulu de
Glatzer et Westmoreland est pourtant défendable, la qualité de
leur film étant la modestie de l'entreprise, en plus d'une
certaine gentillesse, qui ne tombe jamais dans la douceur ou le sentimental
et n'exclut pas les dures vérités. Plusieurs points
de l'histoire leur viennent aussi d'une inspiration inattendue :
les films anglais des années 60, dont l'American Cinematheque
a donné une rétrospective il y a deux ans. Leur boîte
de production s'appelle Kitchen Sink Entertainment, d'après
ce mouvement ''réaliste'' qu'on avait baptisé à l'époque
''l'école de l'évier''. (…) En fait, plus qu'une
esthétique, les cinéastes voient dans l'école
Kitchen Sink une sorte de réalisme poétique, pas si
engagée politiquement. ''Notre film est une comédie,
mais qui dit des choses sérieuses sur pas mal de sujets, ajoute
Glatzer. Et aussi, revoir ces films anglais nous a fait prendre conscience à quel
point le cinéma indépendant américain évitait
le social et le politique, à une époque où,
au contraire, la politique de ce pays a le plus grand besoin d'être
examinée à la loupe.'' »
Philippe Garnier,
Libération
« À l'image de la ville – et
plus encore du quartier – où il a été tourné,
Echo Park, L.A. est bilingue espagnol/anglais. Détail symbolique
: ce petit film indépendant raconte la vie quotidienne à Echo
Park, quartier de Los Angeles où se concentre une importante
communauté hispanique. À la fois adapté à son
environnement immédiat et à ses changements, et ancré dans
des racines d'ailleurs, faites de traditions ancestrales, c'est un
quartier en pleine mutation. Ceci étant dit, on imagine des
histoires de luttes raciales, de drogues et de gangs. Mais non, si
toutes ces données sont évoquées en arrière
plan, Echo Park est presque exempt de violence, les réalisateurs
ayant sans doute choisi de se focaliser plutôt sur les aspects
positifs de leur environnement. (…) Echo Park n'est pas un
film politique, même si c'est une dimension difficile à évacuer
quand on décrit la vie d'un quartier communautaire plus ou
moins défavorisé. Il est difficile de parler des hispano-américains
sans avoir en tête les questions d'immigration, d'intégration,
de racisme... Mais c'est surtout l'esprit de cette communauté qui
est analysé, plus que sa confrontation au reste du monde.
Entre tolérance et étroitesse d'esprit, adaptation
et décalage ou incompréhension, c'est un monde tout
en nuances qui est décrit, avec beaucoup d'affection. La construction
du récit – la fameuse fête qui ouvre et clôt
le film – sur le mode de l'éternel recommencement semble
vouloir perpétuer ces traditions. Les petits-enfants reproduisent
les rituels de leurs grands parents, mais intègrent – parfois
dans la violence – les évolutions du monde, lui permettant
d'avancer. La scène d'ouverture montre en effet un rituel
assez orthodoxe, quand la fin figure une certaine émancipation
du poids des traditions. Le quartier s'adapte à ses mutations.
Dans ses références au passé et son ancrage
dans le présent, à travers la mise en scène
du mélange des cultures, des langues, des générations,
Echo Park parle finalement un langage universel. La focale est serrée – une
communauté au sein d'un quartier déterminé – mais
donne à voir un plan bien plus large. »
Vanina Arrighi
de Casanova, Fluctuat.net
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