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SEANCES
jeudi 5 avril à 20h30
mardi 10 avril à 18h30
samedi 14 avril à 16h30
dimanche 15 avril à 19h
INÉDIT EN FRANCE
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FLAMME
DE MON AMOUR (WAGA KOI WA MOENU)
de
Kenji Mizoguchi
Japon,
1949, 1h13, VOSTF
Avec
Kinuyo Tanaka, Ichiro Sugai, Eitaro Ozawa, Koreya Senda, Eijiro Tono, Mitsuko
Mito
Une militante du parti libéral
quitte sa famille pour aller vivre à Tokyo et se lancer dans
la politique. Dans une veine militante, Flamme de mon amour dresse
un portrait de femme combative, à la pointe du féminisme,
face à laquelle les hommes dits révolutionnaires ne se
révèlent pas à la hauteur de leurs convictions.
« Pour Jacques Lourcelles "Flamme de mon amour
est sans doute l'un des premiers et l'un des meilleurs films féministes
jamais écrits." Le ton du film n'est jamais tragique
ou désespéré, la succession des malheurs qui
s'abattent habituellement sur les femmes chez Mizoguchi concerne
en effet plutôt le personnage secondaire de Chiyo dont le parcours
viendra rejoindre in extremis celui de Eiko. Celle-ci est habitée
par son combat et prête à perdre la vie pour le mener
jusqu'au bout. Son esprit de sacrifice, sa rigueur inébranlable
en font un personnage digne de Jeanne d'Arc dont, emblématiquement,
elle traduit la biographie pour le journal du parti. Son combat l'écarte
longtemps de tout sentiment amoureux. Elle repousse d'abord la demande
en mariage de son ami Hayase puis celle de Omoi. Lorsque au soir
de leur libération, tous, Omoi compris, s'attendent à ce
qu'ils fassent enfin l'amour, Eiko se dérobe. Mais ce trait
de caractère lui permet d'être la championne de son
combat. Si elle succombe, les femmes, suivant son exemple, auront
toujours la seconde place. Elle atteint ainsi à la grandeur
tragique lorsque le sentiment amoureux qui a mis longtemps à éclore
doit être repoussé au nom du combat de toujours. Par
voie de conséquence, les personnages masculins ne sont jamais
caricaturés. Omoi étant seulement le produit de son époque.
Plastiquement, le film est superbe. Aux grands travellings qui accompagnent
les processions et luttes des féministes du début succéderont
ensuite une succession de plans-séquences. Tous les sentiments
des personnages s'expriment par leur déplacement dans le plan.
Le travail de mise en scène consistant à figurer la
violence des sentiments qui les anime par des passages de l'arrière-plan à l'avant-plan,
par des trajectoires contrariées lors des entrées ou
sorties de champ ; Eiko et Omoi étant repoussés ou
projetés sur le devant de la scène par d'autres personnages. »
J.L.L.,
Ciné-Club de Caen
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