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SEANCES
mercredi 18 avril à 20h30
samedi 21 avril à 20h30
dimanche 22 avril à 20h30
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METROPOLIS
de Fritz Lang
Allemagne,
1927, 2h33, muet
Avec Brigitte Helm, Alfred Abel, Gustave Froehlich, Rudolf Klein-Rogge, Fritz
Rasp, Theodor Loos
Metropolis, 2026. À l'étage
des hommes libres, John Fredersen règne
sur l'immense cité verticale, alors que le peuple misérable de
la ville souterraine s'épuise au travail sans voir la lumière du
jour. Son fils Freder tombe amoureux de Maria, qui prône une révolte
non-violente des ouvriers. Mais Rotwang, un savant fou, construit un robot à l'image
de Maria pour semer la haine et la discorde...
« "Lorsque j’ai lu pour la première
fois le manuscrit de Thea von Harbou, j’ai tout de suite compris
que le travail qui m’attendait allait de très loin dépasser
mes précédentes réalisations", déclara
Fritz Lang. Metropolis la futuriste ne pouvait qu’être
le fruit de l’imagination, car il n’existait pas de style
moderne qui exprime la complexité de cette mégalopole.
Le projet est gigantesque, la ville est un mélange de modèles
réduits, de trucages et de décors. Gratte-ciels art
déco, autoroutes et jardins suspendus, Tour de Babel composent
le cœur de la cité. Cette modernité apparente
a un prix : elle ne vit que grâce à la sueur et
au sang de milliers d’ouvriers qui se tuent littéralement à activer
des machines qui ne produisent rien, mais qui réclament leur
lot quotidien de morts et de blessés. Dans la ville basse,
des équipes de nuit exténuées croisent des équipes
de jour qui se jettent dans les ascenseurs qui les mèneront à M,
la machine centrale. M comme Metropolis, M comme mutter (maman),
M comme Moloch, la divinité païenne des Phéniciens
et des Ammonites. Comme l’antique Moloch-Baal, la machine avale
ses enfants, se repaît de leur chair. Toute mauvaise manipulation
des leviers est sanctionnée sur le champ. C’est ce que
découvrira le jeune Freder (Gustav Fröhlich) quand il
descendra dans les souterrains à la recherche de Maria (Brigitte
Helm). Si les ouvriers symbolisent le prolétariat opprimé par
le capitalisme, Maria, elle, représente le renouveau, la virginité et
la foi. Maria réconforte les masses oppressées, elle
prêche dans les catacombes de Metropolis, véritable
chapelle qui rappelle les lieux de rencontre des premiers Chrétiens.
Elle offre un espoir qui effraie le dirigeant, concepteur de la cité,
Joh Fredersen (Alfred Abel), père du jeune Freder. Le prénom
Joh renvoie à Jéhovah, le Dieu biblique. Monopoliste
et dictateur, Fredersen contrôle Metropolis de son bureau,
entouré de consoles et de téléphones de surveillance.
Tel le leader moderne, il règne grâce à la communication
et l’information. »
Dave Garver, Dvd Classik
« L’œuvre de
Lang vaut autant par son esthétisme
expressionniste que par les thèmes qui y sont présentés.
Ainsi, historiquement placé dans le mouvement expressionniste
allemand, Metropolis ne déroge pas à la règle
mais laisse une place à une représentation plus réaliste
des choses. Le contexte économique et social est très
important pour bien comprendre les productions allemandes des années
vingt. Les personnages monstrueux, les décors totalement
factices et les éclairages fortement dramatiques marquent
le traumatisme de cette Allemagne meurtrie, dévastée
et apeurée.
Cette peur se ressent dans les films qu'elle produit. Dans cette
situation, les producteurs allemands, et notamment Pommer pour
la UFA, tentent de distribuer leurs films aux Etats-Unis. Mais
pour cela, les productions germaniques doivent pouvoir rivaliser
avec celles du nouveau continent. Metropolis sera le fer de lance
de cette grande manœuvre, et Fritz Lang recevra tous les
moyens qu'il désirait (le budget du film avoisina les cinq
million de Marks). Echec en Allemagne et passé inaperçu
au Etats-Unis (à cette époque les films parlants
faisaient leur apparition), Metropolis ruina finalement l'UFA,
qui ne s'en remit pas. C'est en voyant New York une nuit de 1924
que Fritz Lang fut impressionné par
l'immensité des bâtiments et de la ville. C'est là que
pour la première fois, il pensa à une gigantesque
cité qui
devint plus tard Metropolis. C'est sa femme, Thea von Harbou, qui
se chargea du scénario après en avoir écrit
le livre. La suite est beaucoup moins belle. La montée du
nazisme pousse Fritz Lang à fuir son pays alors que Thea
Von Harbour, dont les penchants pour les idéologie hitlériennes étaient
connus, resta en Allemagne et y occupa une place importante. Dans
son film, Fritz Lang tente de mettre en garde contre les méfaits
de l’évolution technologique, à l'origine,
selon lui, d’un probable esclavagisme de l’homme par
la machine. Très négatif dans son ensemble, Metropolis
se termine bien, au grand malheur de son réalisateur, ce
qui lui valut d’être considéré comme
une apologie du socialisme. De nos jours, il est plutôt vu
comme un cri d’alarme
face à la montée du nazisme dans son pays. Ce film,
bien ancré dans son époque, a très bien vieilli
et, quelques quatre-vingt ans plus tard, est même plus d’actualité que
Lang lui-même aurait pu le penser. La fiction d’une époque
devient parfois la réalité d'une autre. »
Emmanuel
Durand, Film de culte
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