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SEANCE
Mardi 5 décembre à 20h30
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L'HOMME À LA CAMÉRA
(CHELOVEK S KINOAPPARATOM)
de
Dziga Vertov
URSS, 1929, 1h05, muet
La vie d'Odessa. La ville s'éveille le matin et l'agitation grandit. À midi,
c'est la pause. Le soir tombe. La caméra s'emballe. Les images se bousculent.
Un festival d’effets spéciaux donne sa force à ce film manifeste,
véritable pilier du septième art.
« À la fois manifeste futuriste et traité de
grammaire cinématographiquien, le film se veut l’archétype
de ce "ciné-œil" (kino-glaz), défini par le
conseil des trois (Vertov, Kaufman et Svilova), refusant pêle-mêle
l’art bourgeois, la fiction, le jeu d’acteurs et la facilité des
intertitres. Un festival d’effets spéciaux donne sa force à ce
film manifeste, véritable pilier du septième art. »
Pierre
Murat, Télérama
« L’Homme à la caméra, manifeste
cinématographique du "Ciné-Oeil", conçu
et réalisé par le "Conseil des trois" (Vertov,
Kaufman et Svilova), est d’abord un film destiné à produire
d’autres films, dans le but de faire connaître la grammaire
des moyens cinématographiques. Comme film manifeste, il s’oppose
au cinéma de fiction, au cinéma littéraire,
au cinéma qui a recours à l’acteur de théâtre
et à la langue écrite ("un film sans intertitre").
C’est une apologie de la technique cinématographique
comme moyen de connaissance et d’appréhension du réel :
l’homme à la caméra est celui qui engendre la
vie, permet au mouvement d’apparaître, à la jeune
fille de se dessiller les yeux et d’y voir clair. Le film décline
toutes les facettes du processus de la vision, surplombante, en gros
plan, accélérée, ralentie, douée d’ubiquité… Mais
l’homme à la caméra n’est pas un voyeur,
c’est un travailleur qui apporte sa contribution au développement
de la production socialiste, au même titre que les mineurs
de charbon, les ouvriers des usines électriques, les emballeuses
de cigarettes et les téléphonistes. La caméra
est un super-œil ; le caméraman, allié à la
monteuse, possède les pouvoir du docteur Frankenstein :
ils ont la capacité de créer des êtres proprement
filmiques, une jeune femme à partir de fragments de mannequins,
une ville imaginaire à partir d’éléments
d’immeubles, de magasins, d’usines, de cinémas,
de bars, de rues et de places. C’est le principe de la "géographie
créatrice". C’est la caméra qui décrit
le flux de la vie, mêlant les images de la naissance, celles
de la mort, du mariage, du divorce, du plaisir et du travail comme
plaisir, dans un discours filmique délibérément
non linéaire, fondé sur le montage associatif, la métaphore,
l’anticipation et le brusque retour en arrière, à l’image
de la structure libre d’un poème de Maïakovski… La
ville est à l’image d’un corps humain : les
rues et les rails des tramways sont ses artères, le sémaphore
de la place centrale est son cœur. C’est ce double mouvement
métaphorique liant les techniques cinématographiques,
le corps humain et le tissu urbanistique d’une ville qui fait
la densité extraordinaire de cet hymne à l"homme électrique" du
futur. »
Michel Marie, Maître de conférence à Paris
III
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