| |

SEANCES
Lundi 11 décembre à 20h30
SÉANCE SUIVIE D’UNE RENCONTRE AVEC ROBERT MENCHERINI,
HISTORIEN, ET SÉBASTIEN JOUSSE, RÉALISATEUR
|
LES
RÉQUISITIONS DE MARSEILLE (MESURE PROVISOIRE)
de
Sébastien Jousse et Luc Joulé
France, 2004, 52 min
Qui connaît l'aventure des quinze entreprises réquisitionnées
de Marseille de 1944 à 1948 ? Ce n'est pourtant pas tous les jours que
15.000 ouvriers accèdent et participent à la gestion de leur entreprise
et réalisent de surcroît d'importants bénéfices !
« Au
cœur du film, les Aciéries du Nord : "Leur directeur, nommé avec
l'aval de la CGT et des ouvriers, était assisté d'un comité consultatif
de gestion. Symbole démocratique, ce conseil était composé de
représentants du personnel – un ingénieur, un technicien,
un ouvrier – et de représentants des actionnaires." Et tous
s'en portent bien : les ouvriers, qui voient leur salaire et leur travail
s'améliorer, augmentent spontanément les cadences. L'entreprise
est largement bénéficiaire. On investit les bénéfices
dans des logements sociaux, on construit un centre culturel, on crée
les premiers CE, etc. Autant d'avancées souhaitées par le programme
du Comité National de la Résistance (CNR) qui prévoyait,
entre autres, sécurité sociale et retraite pour tous. "Dans
la mémoire collective, la Libération est synonyme de lutte contre
l'occupant. Mais elle porte aussi en elle un profond élan de contestation
sociale et politique", poursuit le chercheur. Un désir tombé désormais
dans l'oubli. "En 1947, on entre dans une nouvelle ère. Celle
de la Guerre froide. Les stratégies politiques changent. Les communistes
sont chassés du pouvoir et la page des réquisitions de Marseille
est tournée." Une page qui méritait un film pour que vive
la mémoire de ceux qui l'ont écrite. Et l'idée qu'on
peut "substituer au profit la notion de service." »
Stéphanie
Arc, Le Journal du CNRS
|
 |