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SEANCES
Mercredi 26 décembre à 20h30
Samedi 29 décembre à 15h30
Lundi 31 décembre à 20h30
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PAS
DE PRINTEMPS POUR MARNIE (MARNIE)
De Alfred Hitchcock
USA, 1964, 2h10, VOSTF
Avec Tippi Hedren, Sean Connery, Diane Baker
Mark Rutland sait qu'à
chaque nouvel emploi Marnie Edgar déleste ses employeurs. Intrigué
par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il l'engage
tout de même comme secrétaire-comptable dans sa maison d'édition. Un
jour, la jeune femme s'enfuit avec la caisse. Mark s'aperçoit du vol
et donne le choix à Marnie entre le mariage ou la dénonciation à la
police... Longtemps considéré comme un Hitchcock mineur, Marnie est
une splendeur malade, un chant du cygne douloureux.
« Pas
de printemps pour Marnie propose une utilisation
de la psychanalyse beaucoup plus subtile que dans La Maison
du docteur Edwards, relayée par une beauté plastique qui représente
l'aboutissement du travail hitchcockien sur la couleur, la construction
géométrique des plans et l'utilisation de la musique. Les premières
scènes du film, qui montrent une silhouette de dos s'éloignant sur
un quai de gare, ou des gros plans de chevelure, rivalisent de perfection.
C'est aussi dans Marnie qu'Hitchcock intègre avec le plus
de bonheur des compositions picturales proches de la peinture futuriste
ou surréaliste. Le plan du quai ressemble à un tableau de De Chirico,
et la fameuse toile peinte représentant le port de Baltimore évoque
Magritte.
Malgré ou à cause de sa vénéneuse beauté, Marnie fut
un échec critique et public. Contrairement aux prédictions du Maître,
personne ne souhaitait assister à un spectacle aussi désespéré et
sombre, traversé par la tristesse et la souffrance, où la névrose
contamine non seulement les actes de l'héroïne mais également le
film tout entier.
Cette œuvre ambitieuse fut la dernière que le cinéaste réalisa
avec ses principaux collaborateurs. Le directeur de la photographie
Robert Burks, auteur des sublimes images couleur de sa période dorée,
et son monteur George Tomasini décédèrent après le tournage ; et
Hitchcock se fâcha définitivement avec son compositeur Bernard Herrmann
au moment de la préparation du Rideau déchiré. Une impression de
déclin se fait sentir dans le choix des acteurs. La séduction de
Cary Grant et Grace Kelly cède la place à la bestialité terne de
Sean Connery et à la fragilité de Tippi Hedren sadisée par le Maître
devant et derrière la caméra. "Grand film malade", effritement
de l'édifice hitchcockien, début de la fin ou fin de partie sublime...
Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner Marnie, longtemps
considéré comme un film raté et qui siège désormais parmi les préférés
des cinéphiles, aux côtés des Enchaînés et de Sueurs
froides. »
Olivier Père, Les Inrockuptibles
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