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SEANCES
Mercredi 28 janvier à 18h30
Vendredi 30 janvier à 21h
Vendredi 6 février à 20 h (suivie d'un entretien avec Jean
Jacques VARRET, les Films du Paradoxe)
Samedi 7 février à 18h30
Dimanche 8 février à 20h30
Mardi 10 février à 20h30
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LA
CHASSE (A CACA)
de Manoel de Oliveira
Portugal / 1964 / 26 min
Avec Joao de Almeid, Albino Freitas, Manuel De Sa., Antonio Rodrigues
Dos Santos
Deux amis trop jeunes se font chasseurs sans fusil et deviennent les
protagonistes d'une tragedie absurde.
Un film de Manoel de Oliveira est reconnaissable entre mille. On
y retrouve toujours cette même lenteur majestueuse, cette beauté
sereine qui est celle des fleuves, le cours impassible d'une force qui
traverse le siècle, comme le Douro. Presque toujours chez lui,
les plans sont fixes, frontaux, les plans sont longs. Ce "système",
suivi rigoureusement de film en film, semble vouloir nous inviter à
la contemplation. Il y a là comme une sorte de corset, comme
une discipline : la volonté de ne pas user de séductions
trop faciles, le désir de se retirer pour mettre en valeur les
mots et les idées. Et pourtant, l'image aussi resplendit souvent
d'elle-même, tel un tableau soigneusement composé, offert
à nos yeux - telle une icone parfois. Manoel de Oliveira emprunte
en fait à tous les arts : au théâtre, à la
peinture, à la littérature, voire à la musique
; mais toujours il fait du cinéma. Tous ces emprunts réussissent
à créer une temporalité nouvelle, une tension particulière
qui impose un regard neuf - et des films d'une épaisseur, d'une
richesse de sensations rares. Au bout du compte, cette sobriété,
cette retenue coutumière semble même la meilleure façon
de rendre aux moyens du cinéma tout leur pouvoir d'expression.
Et le carcan de son esthétique, facilement perceptible, facilement
caricaturable, devient l'occasion de formidables émotions : le
cinéaste se ménage ainsi la possiblité de ruptures,
d'innovations étonnantes, qui ont alors la beauté et la
violence des digues rompues.
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