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SEANCES
mercredi 16 février à 18h30
jeudi 17 février à 15h
samedi 19 février à 16h30
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SUTURE
de David Siegel et Scott McGehee
USA, 1994, 1h36, VOSTF
avec Dennis Haysbert, Michael Harris, Sab Shimono
Vincent est riche, antipathique et suspecté d'avoir assassiné
son père. Clay est pauvre et honnête. Vincent fait en sorte
que sa voiture, conduite par Clay, ait un accident. Il espère
se faire passer pour mort, grâce au cadavre de Clay. Mais Clay
est vivant... et amnésique.
« (…) Un polar classique embrayerait illico sur la recherche
du vrai Vincent. Mais Scott McGehe et David Siegel, dont c’est
le premier film, préfèrent traquer des hypothèses
moins convenues : par exemple que personne ne se formalise de l’évidente
substitution. A partir de là, Suture oblige le spectateur à
entériner une convention aberrante : ce Noir amoché est
réellement et sans doute possible, pour tout le personnel du
film, le Blanc miraculé que tous croyaient perdre. Cet aveuglement
touche Clay au premier chef, qui trouve dans la purée de ses
souvenirs perdus de quoi s’aveugler à l’unisson.
On peut craindre un instant que Suture ne soit qu’un nouveau catalogue
raisonné de tous les irrationnels qui peuplent nos cerveaux et
que McGehe-Siegel aient d’emblée pris tout le monde de
vitesse par l’intelligence de leurs idées ; le thème
des jumeaux, la perte d’identité, « je est un autre
», l’oeil aveugle et l’oeil voyant : on pourrait gloser
à l’aise sur cette matière précuite qui décourage
le secret. Sauf à penser, piste plus intéressante, que
le secret c’est précisément qu’il n’y
a pas de secret, que le film est un trompe-l’oeil, un piège,
et qu’à trop vouloir déceler le dessin dans le tapis,
on finit par se prendre les pieds dedans. (…) Outre un aspect
déconnade aristocratique (à la Nabokov), Suture distille
un malaise dont il n’est pas facile de se dépoisser. Comme
le récent M. Butterfly de David Cronenberg, le spectateur est
placé dans la situation de ne pouvoir être trompé,
en porte à faux par rapport à la capacité d’illusion
des personnages du film. Ce en quoi Suture propose probablement des
réponses assez retorses sur les atermoiements du spectateur moderne
qui ne sait plus s’il veut être réconforté
ou maltraité, entre distance et fascination. »
Didier Peron (Libération)
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