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SEANCES
dimanche 12 février à 18h30
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BERLIN 10-90
de Robert Kramer
France, 1990, 1h04
Robert Kramer nous livre en direct de Berlin, passage obligé
de l'Europe, une réflexion entre présent et passé
sur la ville originaire de son père, peu après la chute
du Mur.
« L’errance, la rencontre, la rupture, l’événement
qui sont les règles d’or du cinéma de Robert Kramer,
se retrouvent ici, dans cette narration multipliée, dans ce récit
éclaté, fragmentaire. Ici, comme dans plusieurs de ses
autres films, le propos de Kramer est chargé d’un niveau
d’information que l’on trouve ordinairement dans la plus
belle et la plus sobre des poésies. Réalité et
imaginaire s’y fusionnent comme autant de fragments issus de la
nécessité de dire, de témoigner, de « faire
rendre gorge au réel », selon l’expression chère
à Arthur Lamothe. (…) Kramer réussit ici à
déjouer le défi du plan-séquence, il y a dans cette
méthode de travail une forme d’imaginaire qu’on a
du mal à retrouver chez nous aujourd’hui. Une certaine
urgence de filmer. Un geste où fonctionne non pas l’imaginaire
du récit, mais celui du dire, « du désir de dire
». Utilisant des images tournées par lui, lors de la chute
du mur de Berlin, mais aussi des actualités repiquées
des informations télévisées, il les fait défiler
sur un moniteur télé et dans l’immense salle de
bain de son appartement berlinois, comme en face à face avec
lui-même, avec une réalité à laquelle il
se confronte, il dialogue, sur et avec ces images pour en retrouver
le sens. Le geste de filmer prend alors toute sa véritable dimension.
(…) Avec Johan van der Keuken en Hollande et Chris Marker en France,
Robert Kramer est aujourd’hui à sa manière cet autre
chroniquer des temps modernes. Son cinéma traverse notre temps
comme autant d’images qui remettent en question toutes celles
qui nous assiègent. Il questionne l’imaginaire du remplissage,
factice et bâclé des produits dont nous gavent les médias.
De quel imaginaire peut-il bien alors s’agir ??? »
André Paquet, La revue Lumières
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