février 2006

 
 

The World (© DR)

SEANCES

mercredi 15 février à 20h30
samedi 18 février à 20h30

THE WORLD

de Jia Zhang Ke
Chine, 2004, 2h13, VOSTF

Avec Zhao Tao, Chen Taisheng, Jing Jue, Jiang Zhongwei

Carrie peut déplacer des objets à distance. Le jour de ses premieres règles, elle subit les moqueries de ses camarades de classe. Pour s'excuser, l'une d'elles demande à son fiancé d'inviter Carrie au bal de fin d'année. La soirée commence bien mais une mauvaise plaisanterie déclenche la colère de Carrie qui provoque une terrible vengeance.

« Comme Hou Hsiao-Hsien, Jia Zhang Ke observe la dévitalisation morbide induite par une modernité aseptisée. Dévitalisation est bien le mot ici, où la vision d’un univers vide et clinquant s’exprime aussi bien par le gimmick du téléphone portable (un des danseurs veut s’en servir pour surveiller sa petite amie) qu’à travers les sourires mécaniques des danseuses travesties en geishas japonaises ou en indiennes dans les shows pour touristes. Pour bâtir ces cathédrales de vanité en toc, miroir aux alouettes pour autotochtones en mal de voyage, toute la Chine est convoqiée, notamment la paysannerie ; fourmis esclaves égarées dans ce décor vitrifié, main d’œuvre kleenex. Pour vette raison même, le film est moins immédiatement séduisant pour nous européens que les précédents, tournés dans une Chine plus archaique (et donc pittoresque). Ici, l’humanité se tapit derrière le décor (dans les hopitaux, les gares, les dortoirs) étouffant de cette modernité. Mais c’est justement ce surgissement constant et intempestif de l’humanité entre les failles d’un décor pétrifié qui confère au film sa beauté fatale »
Vincent Ostria, Les Inrockuptibles


FILM PROGRAMMÉ PAR LE LABORATOIRE LANGAGES ACTIONS URBAINES ALTÉRITÉS DE L'ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D'ARCHITECTURE DE NANTES

Le laboratoire Langages Actions Urbaines Altérités de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes a choisi la projection du film The World de Jia Zhangke pour ses capacités à s’inscrire dans une question travaillée par les enseignants-charcheurs du LAUA : la condition métropolitaine. Cette thématique se propose d’explorer la ville en articulant analyse et critique des conditions de et pour la vie dans la métropole.
The World, en associant mutations urbaines et destin personnel sur fond de nivellement des cultures par l’intermédiaire des monuments-symboles, traite aussi et surtout des caractéristiques de la culture urbaine à l’échelle planétaire : comment vivre les relations affectives et interpersonnelles dans des « espaces importés », fabriqués ailleurs, à des fins de consommation accrue et de distraction croissante ?
La condition métropolitaine, c'est en un premier sens l'ensemble des “conditions de vie” dans la métropole existante – aussi bien les conditions sociales, économiques ou politiques de l'habitant, que les conditions physiques, matérielles ou sensibles dans lesquelles il est amené à évoluer. On s'inscrit à ce niveau dans une logique d'analyse et de critique sociales du “conditionnement” des acteurs (représentations, stéréotypes, idéologies, … champ des sciences sociales et humaines).La condition métropolitaine, c'est en un second sens l'ensemble des “conditions pour la vie” de la métropole de demain – aussi bien la façon de réarticuler des espaces hétérogènes, fragmentaires ou délaissés pour refonder une urbanité nouvelle, que l'invention de procédures de conception qui articulent des échelles contrastées (métropolitaine, urbaine et architecturale) pour refonder une territorialité humaine. On s'inscrit à ce niveau dans une logique de projet et de critique spatiale du “conditionnement” des formes d'aménagement du territoire (standardisation, banalisation, uniformisation, …, champ de la conception architecturale).

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