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SEANCES
mercredi 15 février à 20h30
samedi 18 février à 20h30
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THE WORLD
de Jia Zhang Ke
Chine, 2004, 2h13, VOSTF
Avec Zhao Tao, Chen Taisheng, Jing Jue, Jiang Zhongwei
Carrie peut déplacer des objets à distance. Le jour de
ses premieres règles, elle subit les moqueries de ses camarades
de classe. Pour s'excuser, l'une d'elles demande à son fiancé
d'inviter Carrie au bal de fin d'année. La soirée commence
bien mais une mauvaise plaisanterie déclenche la colère
de Carrie qui provoque une terrible vengeance.
« Comme Hou Hsiao-Hsien, Jia Zhang Ke observe la dévitalisation
morbide induite par une modernité aseptisée. Dévitalisation
est bien le mot ici, où la vision d’un univers vide et
clinquant s’exprime aussi bien par le gimmick du téléphone
portable (un des danseurs veut s’en servir pour surveiller sa
petite amie) qu’à travers les sourires mécaniques
des danseuses travesties en geishas japonaises ou en indiennes dans
les shows pour touristes. Pour bâtir ces cathédrales de
vanité en toc, miroir aux alouettes pour autotochtones en mal
de voyage, toute la Chine est convoqiée, notamment la paysannerie
; fourmis esclaves égarées dans ce décor vitrifié,
main d’œuvre kleenex. Pour vette raison même, le film
est moins immédiatement séduisant pour nous européens
que les précédents, tournés dans une Chine plus
archaique (et donc pittoresque). Ici, l’humanité se tapit
derrière le décor (dans les hopitaux, les gares, les dortoirs)
étouffant de cette modernité. Mais c’est justement
ce surgissement constant et intempestif de l’humanité entre
les failles d’un décor pétrifié qui confère
au film sa beauté fatale »
Vincent Ostria, Les Inrockuptibles
FILM PROGRAMMÉ PAR LE LABORATOIRE LANGAGES
ACTIONS URBAINES ALTÉRITÉS DE L'ÉCOLE
NATIONALE SUPÉRIEURE D'ARCHITECTURE DE NANTES
Le laboratoire Langages Actions Urbaines Altérités de
l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes
a choisi la projection du film The World de Jia Zhangke pour ses capacités
à s’inscrire dans une question travaillée par les
enseignants-charcheurs du LAUA : la condition métropolitaine.
Cette thématique se propose d’explorer la ville en articulant
analyse et critique des conditions de et pour la vie dans la métropole.
The World, en associant mutations urbaines et destin personnel sur fond
de nivellement des cultures par l’intermédiaire des monuments-symboles,
traite aussi et surtout des caractéristiques de la culture urbaine
à l’échelle planétaire : comment vivre les
relations affectives et interpersonnelles dans des « espaces importés
», fabriqués ailleurs, à des fins de consommation
accrue et de distraction croissante ?
La condition métropolitaine, c'est en un premier sens l'ensemble
des “conditions de vie” dans la métropole existante
– aussi bien les conditions sociales, économiques ou politiques
de l'habitant, que les conditions physiques, matérielles ou sensibles
dans lesquelles il est amené à évoluer. On s'inscrit
à ce niveau dans une logique d'analyse et de critique sociales
du “conditionnement” des acteurs (représentations,
stéréotypes, idéologies, … champ des sciences
sociales et humaines).La condition métropolitaine, c'est en un
second sens l'ensemble des “conditions pour la vie” de la
métropole de demain – aussi bien la façon de réarticuler
des espaces hétérogènes, fragmentaires ou délaissés
pour refonder une urbanité nouvelle, que l'invention de procédures
de conception qui articulent des échelles contrastées
(métropolitaine, urbaine et architecturale) pour refonder une
territorialité humaine. On s'inscrit à ce niveau dans
une logique de projet et de critique spatiale du “conditionnement”
des formes d'aménagement du territoire (standardisation, banalisation,
uniformisation, …, champ de la conception architecturale).
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