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SEANCES
jeudi 15 février à 20h
dimanche 18 février à 20h30
vendredi 23 février à 20h30
lundi 26 février à 20h
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APOCALYPSE
NOW REDUX
de Francis Ford Coppola
USA,
1979, 3h22, VOSTF, interdit -12 ans
Avec
Martin Sheen, Marlon Brando, Frederic Forrest
Pendant la guerre du Vietnam, le
lieutenant Willard se voit confier une délicate mission : éliminer
un colonel des Forces Spéciales. Une épopée guerrière
et philosophique emportée par le souffle opératique des
grands drames shakespeariens. Vainqueur de la Palme d’or en 1979
avec cette transposition pendant la guerre du Vietnam du roman de Joseph
Conrad, le cinéaste américain en présente une
nouvelle version remontée et augmentée de 53 minutes,
qui renforce l’encrage historique et mythique du film.
« Film événement sur la guerre
du Vietnam, Palme d’or à Cannes en 1979, Apocalypse
Now reste,
plus de quinze ans après sa sortie, un monument du cinéma.
Toutefois, il est intéressant de le replacer dans la série
de films que suscita l’enlisement américain en Extrême-Orient.
Certain, comme Platoon plus tard, traiteront de la guerre
dans toute son horreur ; d’autres, comme Voyage au
bout de l’enfer, en montreront plutôt les conséquences,
ses séquelles physiques et morales. Le film de Coppola est
une synthèse de ces deux tendances. À travers le portrait
de Bill Kilgore, c’est la folie de la guerre et la suppression
des interdits moraux qui permettent tous les excès que Coppola
dénonce. En suivant les destins croisés de Benjamin
Willard et Walter Kurtz, il analyse la prise de conscience et les
réactions de deux êtres aux antipodes, jetés
dans un même cataclysme. Remontée dans le temps et la
barbarie, Apocalypse Now est, sous des aspects hollywoodiens
parfois pesants, une œuvre très personnelle, une réflexion
profonde sur l’homme et son évolution. La confrontation
finale dérisoire avec Kurtz, illuminé et lucide, prouve
que l’utilisation de la violence ne résout rien. Le
danger demeure, la folie des hommes aussi. »
Gérard
Camy, Télérama
« La ressortie du film
de Coppola, dans une nouvelle version rebaptisée Apocalypse
Now Redux, remixée
et augmentée de 53 minutes sous la supervision du réalisateur
et de son monteur, Walter Murch, sa présentation à Cannes,
permettent de découvrir un film plus riche, plus romantique,
dense, précis, et contemplatif. Un film que son auteur aura
mis vingt-deux ans à dompter pour en trouver la forme finale.
(…) Les 53 minutes rajoutées par Francis Coppola donnent à la
fois un encrage historique et mythique à son film. (…)
Une séquence de vingt-cinq minutes, dans une plantation, montre
une vieille famille française, les De Marais, refusant de
quitter son domaine. (…) [et] permet d’offrir un vision
plus distanciée de l’engagement américain au
Vietnam, perçu comme une répétition des erreurs
françaises en Indochine. Cette séquence rétablit
aussi, de manière plus nette, le lien entre le capitaine Willard
et le colonel Kurtz, par un thème emblématique du cinéma
de Coppola : la famille. (…) De Marais (Christian Marquand)
justifie la présence de son pays au Vietnam par l’argument
de la famille : "Pourquoi restons-nous ici ? Notre
famille reste unie, nous nous battons pour ça." Cette
scène, la seule du film qui pose ouvertement la question du
colonialisme et d’une occupation étrangère dans
le Sud-est asiatique, illustre également le dilemme récurrent
des personnages de Coppola, Al Pacino dans Le Parrain en
tête : comment garder une famille unie dans un univers
corrompu ? Enfin, le seul ajout significatif dans les passages
avec Marlon Brando se trouve dans une scène où Willard,
prisonnier, est accueilli par le colonel Kurtz, entouré d’enfants.
Celui-ci s’assoit, et lui lit calmement des extraits d’un
article du Time daté du 12 décembre 1969, sur l’intervention
américaine au Vietnam. Kurtz y voit – sa démonstration
est brillante – l’un des nombreux exemples de la propagande
américaine et de sa manipulation des médias. Au début
du tournage d’Apocalypse Now, Francis Coppola affirmait
que l’action de son film se plaçait en 1968. La première
version d’Apocalypse Now éliminait finalement
toute référence au temps, ce qui fit écrire
que Coppola utilisait le Vietnam comme une métaphore et décrivait
une guerre abstraite, dans la lignée de Cote 465 (Men
in War) d’Anthony Mann, et anticipait Full Metal Jacket ,
de Stanley Kubrick (1987). Le rétablissement d’un espace-temps
dans Apocalypse Now Redux est capital. On a souvent assimilé,
avec raison, la vision du Vietnam de Francis Coppola à un
gigantesque spectacle dont les différents épisodes
composaient un vaste opéra (…). Cette vision fantasmatique
du Vietnam se révèle l’une des plus justes jamais
vue au cinéma. Le Vietnam de Coppola anticipe admirablement
la guerre du Golfe, une autre guerre mise en scène, au sens
propre du terme, où la grandeur de l’engagement américain,
orchestré comme un spectacle, masquait les enjeux véritables
du conflit. (…) Cette précision historique et la réintégration
des séquences coupées rendent à Apocalypse
Now sa dimension mythique. La remontée du fleuve par le
capitaine Willard est aussi une remontée dans le temps. Apocalypse
Now commence dans les années 1960 avec les surfers du
colonel Kilgor, revient sur les années 1950 avec la plantation
française, et se termine à l’aube des temps,
dans le sanctuaire de Kurtz, où des guerriers barriolés
se battent avec des flèches et des lances. C’est ce
que Coppola entendait par "Cœur des ténèbres" :
un Vietnam qui remonterait à la préhistoire. »
Samuel
Blumenfeld, Le Monde
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