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SEANCE UNIQUE
dimanche 4 février à 19h
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L'ATALANTE
de Jean Vigo
France,
1934, 1h29
Avec
Michel Simon, Jean Dasté, Dita Parlo, Gilles Margaritis, Jacques Prévert
Le marinier Jean a épousé Juliette, une fille de paysans de l'Oise.
Ils vont vivre à bord de leur péniche "l'Atalante" des
moments de bonheur et des moments de tristesse. L'équipage se compose
d'un mousse et du père Jules, inénarrable personnage qui vit au
milieu de ses chats. Mais Juliette, après la rencontre au bal musette
d'un jeune camelot, quitte le navire. À bord de "l'Atalante" c'est
la consternation jusqu'au moment où Jules s'en mêle. Premier et
unique long-métrage de Jean Vigo qui mourut quelques jours après
la réalisation du film qu'il ne vit jamais.
« Ce film est l’unique long-métrage
réalisé par Jean Vigo, jeune auteur marqué par
une enfance difficile (il est le fils de l’anarchiste Almereyda), à la
santé délicate, au lyrisme d’écorché vif.
Trois petits films plein de verve l’avaient fait connaître : À propos
de Nice, Taris et Zéro de conduite. Ce dernier, une évocation
sans fard de la routine d’un lycée-caserne, riche de notations
autobiographiques, avait été interdit par la censure.
Le producteur conservera sa confiance à Vigo pour la réalisation
de L’Atalante. Sur une trame assez lâche, le cinéaste
broda des variations très personnelles, à base de digressions
picaresques (le personnage du père Jules, qu’on croirait
sorti d’un roman de Céline ou de Cendrars), de suggestions
réalistes (la dure condition des mariniers, le spectre du chômage),
de féerie incrustée dans le quotidien (la scène
de la guinguette, le vol du sac à main, les facéties
du camelot-poète). Il en résulte un équilibre
rare de tous les éléments du drame visuel, bien défini
par l’historien d’art Élie Faure dans un texte de
1934, qui admire l’esprit d’un film "tourmenté,
fiévreux, regorgeant d’idées et de fantaisie truculente,
d’un romantisme virulent, bien que constamment humain".
Vigo n’aura pas le temps d’apprécier l’impact
de son œuvre sur plusieurs générations de cinéphiles
(L’Atalante était l’un des films préférés
de François Truffaut). Ce Rimbaud de l’écran mourut, à vingt-neuf
ans, d’une septicémie, quelques jours après la
sortie de son film, dans une version mutilée et affligée
d’une mélodie incongrue chantée par Lys Gauty, Le
Chaland qui passe. Il fallu attendre 1950 pour que ce joyau du
cinéma français soit enfin restauré dans sa splendeur
originelle. »
Claude Beylie, rédacteur en chef de L’Avant-scène
cinéma
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