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SEANCE UNIQUE
Vendredi 9 février à 19h30
SÉANCE SUIVIE D’UNE LEÇON DE CINÉMA DE NICOLAS
THÉVENIN, SOCIOLOGUE DU CINÉMA ET FORMATEUR ÉCOLE & CINÉMA
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INTERVENTION DIVINE
de Elia Suleiman
Palestine, 2002, 1h32, VOSTF
Avec
Elia Suleiman, Manal Khader, Nayef Fahoum Daher
Un jeune homme palestinien vivant à Jérusalem ne peut rejoindre
son amante bloquée à Ramallah par l'armée israëlienne.
Les deux amants s'inventent un monde imaginaire pour échapper à la
guerre.
« Prix du jury au dernier Festival de Cannes, Intervention
Divine compte de nombreux points communs avec No Man’s Land,
le film surprise de l’an passé. A l’instar du Bosniaque Boris
Tanovic, Elia Suleiman a choisi l’humour pour évoquer l’absurdité du
monde, la poésie pour crier sa rage devant une occupation injuste. Après
le remarquable Chronique d’une disparition, le cinéaste
palestinien n’a rien perdu de son mordant. Toujours avec acidité,
il dépeint le quotidien d’un peuple prisonnier, pris d’un
soudain excès de folie. La première partie – la plus intéressante – convoque
Jacques Tati et Buster Keaton, échappées burlesques et gags visuels
remarquablement composés. Héritier du cinéma muet, Elia
Suleiman met en scène une dizaine de tableaux comiques et symboliques :
un homme attend en vain un bus, des voisins se querellent, une route est détruite à coups
de marteau… De ce quotidien répétitif naît une tension
diffuse, un malaise quasi constant, mais laissé hors-champ. Ces hommes
et ces femmes au bord de la crise de nerf vivent en territoire occupé à Ramallah.
Leurs déplacements sont contrôlés, l’amour est sous
liberté surveillée. Vivant séparés par une ligne
de démarcation contrôlée par des soldats israéliens
hystériques et dépassés, les deux amants ne peuvent se rencontrer
que sur un parking à proximité du check-point. Les contacts charnels
se limitent aux regards, aux sourires et aux mains qui se caressent tendrement.
Un soir, elle ne vient pas au rendez-vous. L’homme ne peut donc plus que
fantasmer, rêver de sa belle en kamikaze de choc et de charme dans des
saynètes maladroites et touchantes. Elia Suleiman surprend ici par son
audace formelle. Très influencé par les films d’action américains,
il ose la débauche d’effets spéciaux dans des scènes
classiques du cinéma de genre, revisitées par son imagination débridée.
Tout n’est pas réussi, tout n’est pas parfait, mais Intervention
divine reste un film précieux, essentiel, noyé d’humour… juif. »
Yannick Vély, Film de culte
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