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SEANCES
vendredi 16 février à 18h30
dimanche 18 février à 18h
mardi 20 février à 20h30
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JARDINS
DE PIERRE (GARDENS OF STONE)
de Francis Ford Coppola
USA,
1987, 1h52, VOSTF
Avec
James Caan, Anjelica Huston, James Earl Jones
Cimetière d’Arlington.
Un militaire chargé de
rendre les derniers hommages aux soldats morts au Vietnam s’interroge
sur l’utilité d’un tel sacrifice. Superbe réflexion
sur la guerre et le métier de soldat. Une œuvre profondément émouvante,
humaine et généreuse, dans la lignée de John Ford.
« Un
travail extraordinaire de Coppola sur le point de vue. D’abord
les Jardins de pierre se profile comme
regard différent de celui d’Apocalypse Now sur
le Vietnam, comme une immersion en coulisse, beaucoup moins spectaculaire,
moins sanglant, mais tout aussi dramatique, un témoignage
important, sans images de guerre proprement dites. Coppola propose
le temps d’un film de modifier la sensation du spectateur,
d’humaniser son regard. Le film s’ouvre en effet
sur une cérémonie de deuil dans un cimetière
militaire, séquence que l’on retrouvera presque à l’identique
pour clore le récit. Entre temps, un récit modifiera
le regard du spectateur sur cette même séquence dans
une volonté d’humanisation évidente. Ce que l’on
regardait au début sans sensation, un peu comme si on se retrouvait
devant un journal parlé, devient pour finir touchant. Le spectateur
métamorphosé par un point de vue initialement froid
et indifférent vers un regard impliqué. Sans nul doute, à nouveau
une immense virtuosité du réalisateur, jouant subtilement
du code de narration pour emmener son spectateur exactement là où il
le désirait. (…) Coppola propose un regard ambigu en
mêlant le discours amer, cynique et irrévérencieux à celui
d’un hommage profond pour ces guerriers de pacotille qui honorent
les morts. Ce qui est brillamment suggéré dans ce récit,
c’est la notion de culpabilité qui règne dans
les esprits mêmes des soldats qui apparaissent comme des planqués.
Et bien au-delà de ce regard sur ces soldats en coulisse,
c’est de la guerre du Vietnam dont Coppola veut en encore parler
ici. Un point de vue à la fois cynique et compatissant qui
rejoint complètement celui d’Apocalypse Now,
mais sous une autre formule d’approche. A noter l’utilisation
d’une musique de Barry Lyndon, qui est certainement
l’occasion pour Coppola d’indiquer à quel point
il est d’accord avec Kubrick sur le côté "folie
de la guerre", avec cette même intension d’unir
dérision et dramatisation dans un regard plus global sur le
traitement cinématographique de la guerre au cinéma.
(…) Gardens of stone, la face B, le côté yang
de Apocalypse Now. »
Chris Lynch E
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