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SEANCES
Mercredi 31 janvier à 21h
Vendredi
2 février à 18h30
Dimanche 4 février à 21h
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ON
CONNAÎT LA CHANSON
de Alain Resnais
France,
1997, 2h
Avec
Pierre Arditi, Sabine Azéma, Jean-Pierre Bacri, André Dussollier,
Agnès Jaoui, Lambert Wilson, Jane Birkin
La volubile Odile, mariée au taciturne Claude, vient de revoir un ami
de sa sœur Camille, le velléitaire Nicolas, à la recherche
d’un appartement… Marc, séduisant agent immobilier, amant
de Camille, a pour employé le romantique Simon, épris de la copine
de son patron… Une comédie jubilatoire, tout en chansons. Avec
finesse, Alain Resnais médite sur la comédie des apparences, sur
nos peurs de dévoiler nos faiblesses et notre obsession du bonheur.
« Dans Top Hat de Mark Sandrich (1935),
Fred Astaire est en train de parler à son copain Edward Everett
Horton, et, soudain, on s’aperçoit qu’il interprète No
Strings d’Irving Berlin, dont l’introduction a été coupée
pour faciliter le passage du dialogue à la chanson. Le plus
remarquable n’est pas cette transition en douceur (…),
mais la façon dont Fred Astaire continue de chanter sans que
rien, dans son attitude corporelle, sa manière de bouger les
mains, l’expression de son visage, n’en soit modifié (…).
C’est exactement ce principe qu’adopte On connaît
la chanson, celui de l’invisibilité du passage entre
la parole et les extraits de chansons que "miment" les
personnages. Après un premier exemple incongru qui évoque To
Be or Not to Be, il faut une certaine accoutumance au spectateur
pour se faire au procédé. Le jeu stylisé de
Sabine Azéma, l’ironie intrinsèque de Pierre
Arditi nous aident au départ à accepter sous forme
de gag le principe "singing / no singing", bientôt
repris par tous les personnages d’une manière de plus
en plus profonde, de moins en moins comique. Quand on a du mal à communiquer
par le langage, on se met volontiers à chanter (…).
Cependant, la fonction de la chanson est ambiguë : refuge
ritualisé pour échapper à la complexité d’une
communication trop personnelle, mise en représentation de
soi pour éluder la gravité des sentiments ? ou,
au contraire, expression d’une personnalité extravertie,
saine libération de pulsions retenues par les convenances
sociales ? Tout cela à la fois : c’est précisément
ce qui fait la complexité et la richesse du genre. Ce genre,
Resnais en refuse la convention du "numéro", pour
ne retenir que sa capacité à saisir l’excroissance
musicale des personnalités à l’écran.
Avec ou sans leur propre voix, peu importe. »
Yann
Tobin, Positif.
« On s’est vus en tête à tête,
pour un travail scène par scène dans les moindres détails,
presque dans le moindre geste. Ça permet d’avoir une
image très précise du personnage et c’est très
important pour l’acteur. Si l’image est floue, le jeu
est flou. C’étaient des séances longues, pendant
lesquelles on a aussi testé les chansons, la technique du
play-back, le passage du jeu au chant et inversement. C’est
un travail très particulier parce que dès qu’on
entend une musique, on ne peut pas résister à la pulsation
rythmique, et c’est surtout ce qu’il ne faut pas faire.
Avoir une action dérythmée, même quelque chose
de simple comme allumer une cigarette, c’est beaucoup plus
difficile que ce que j’avais imaginé. Mais tout ce travail
permet, une fois sur le plateau, d’être dégagé de
la peur de ne pas savoir ce qu’on fait. Et puis Alain choisit
ses acteurs très lentement, il vous fait entrer dans son univers
très progressivement et il vous aime pour ce que vous êtes,
qu’il a appris à découvrir aussi petit à petit.
On a l’impression avec lui, comme souvent avec les grands,
qu’il se contente de l’acteur, de quelque chose de très épuré,
très simple, et ça provoque des émotions neuves
sur le plateau. Je trouve que des acteurs comme André Dussollier
ou Pierre Arditi sont particulièrement révélés
dans les films d’Alain. Justement parce qu’ils ont été aimés
pour ce qu’ils sont. »
Lambert Wilson
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