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SEANCES
jeudi 8 février à 20h
samedi 10 février à 21h30 (Nuit du Parrain)
lundi 12
février à 20h
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LE
PARRAIN II (THE GODFATHER PART II)
de Francis Ford Coppola
USA,
1974, 3h20, VOSTF
Avec
Al Pacino, Robert De Niro, Robert Duvall, Diane Keaton, Lee Strasberg, James
Caan, John Cazale
La montée en puissance de la famille Corleone dirigée
par Michael, lequel, en tentant en vain de ressembler à son
père, ne fera preuve que d'une autorité dévastatrice
qui peu à peu l'éloignera des personnes qu'il aime, et,
parallèlement, l’histoire de Don Vito, depuis son arrivée
aux États-Unis au début du siècle, jusqu’à sa
réussite maffieuse. Autrement dit, Le Parrain II offre,
tout à la fois, le préambule du Parrain I et
sa suite…
« Coppola se délecte du statisme de
son comédien,
de son pas lent et funèbre, de ses mots hachés et servis
au compte-goutte. Al Pacino/Michael marche vers la mort. Etonnant
personnage, qui, voulant à tout prix conserver le "collectif" qui
fonde son existence finit par s’enfermer progressivement dans
sa carapace d’individu. Au bout du compte, il ne lui reste
plus qu’à contempler les événements de
loin et à se promener dans des lieux vides de vie, inexorablement
seul. La scène de fin, flashback sur l’apogée
de la famille Corleone – du vivant de Sonny, Fredo et Vito – fonctionne
ainsi en mouvement circulaire : dix ans auparavant, Michael,
engagé dans la seconde guerre mondiale contre l’avis
de sa famille, est déjà isolé. L’unique
chose qui lui reste – sa conscience – va l’abandonner
petit à petit. L’étude psychologique d’un
individu aux prises avec son milieu définissait déjà la
première partie du Parrain. C’est principalement
dans cet aspect que Le Parrain II agit comme une suite,
de même que dans la mise en scène "opéresque" qui
lui correspond. De l’aveu de Coppola, de nombreuses scènes
font écho à la première partie (la fête
d’ouverture, déjà citée, la tentative
d’assassinat contre le Parrain, la superposition des meurtres).
Michael est lui-même une copie presque caricaturale de son
père. Il en adopte la posture, les manières, le mystère,
et presque la voix. Mais Michael n’est pas Vito. Il ne sait
pas réellement où il va. N’ayant pas choisi sa
voie, il doute constamment, s’interroge, et fait alors les
erreurs que Vito n’aurait jamais commises. La principale innovation
de mise en scène du Parrain II réside dans
sa construction. L’ombre de Vito est tellement omniprésente
dans la destinée de Michael que Coppola a choisi de mettre
en parallèle leurs deux vies, à trente ans d’écart,
en intercalant l’une dans l’autre. L’objectif avoué du
cinéaste étant de ne pas "répéter" son
premier opus. On a pourtant le sentiment que Le Parrain II n’est
pas un film différent, mais un approfondissement, menant inexorablement à un
aboutissement (Le Parrain III, lui aussi non désiré par
Coppola). Comme si la trilogie du Parrain avait une vie
propre, contre la volonté même de son metteur en scène.
Dans la première partie, on voyait la lente déchéance
de Vito et l’ascension de son fils. Dans la deuxième
partie, c’est l’exact contraire, et le parallèle
est confondant de fluidité et de simplicité. Si l’histoire
reste celle de Michael (les trois quarts du film lui sont consacrés),
on retrouve le statut quasi religieux de Vito, petit immigré orphelin
qui est à l’origine de tout. Coppola appuie le contraste
entre la vie presque héroïque de Vito (couleurs éclatantes
de la Sicile, grandes scènes baroques), et celle, monstrueuse
et glauque, de son fils (lumières sombres, atmosphère
feutrée et malsaine). Et si, au fond, le flash-back sur la
prodigieuse réussite de Vito Corleone n’était
pas lui aussi une plongée dans l’inconscient de Michael ?
Au terme de sa gloire, Michael revoit à la fois ce qu’il
aurait dû être (un père accompli, un homme respecté et
craint) et ce qu’il n’a jamais voulu être (un assassin
sans conscience). Pris dans l’étau de cet héritage
paternel, Michael ne parvient pas encore à s’en détacher.
Et lorsqu’il reviendra sur ses actes passés, il sera
déjà trop tard. Mais du moins aura-t-il retrouvé sa
conscience perdue. »
Ophélie Wiel, www.critikat.com
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