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SEANCES
samedi 10 février à 1h30 (Nuit du Parrain)
mardi
13 février à 20h
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LE
PARRAIN III (THE GODFATHER PART III)
de Francis Ford Coppola
USA,
1990, 2h40, VOSTF
Avec
Al Pacino, Diane Keaton, Talia Shire, Andy Garcia, Sofia Coppola, Eli Wallach,
Joe Mantegna, Bridget Fonda, Brett Halsey
New-York, fin des années 1970. Pour Michael Corleone
c’est
l’âge des bilans. Depuis des années, il a renoncé aux
activités sanglantes pour faire fructifier l’argent de
sa famille dans des secteurs plus sûrs, comme la banque et l’immobilier.
Il a modifié son image : Michael Corleone est devenu respecté et
presque respectable. Ses largesses à l’égard de
l’Église lui ont valu une très flatteuse distinction
honorifique. Sa fille gérera les fonds d’une fondation
caritative, son fils ne connaîtra pas la malédiction d’une
carrière criminelle, mais les délices d’une vocation
de chanteur d’opéra. Cet épilogue idyllique d’une
carrière crapuleuse marque le prologue d’une tragédie
sanglante.
« En adaptant Le Parrain, le best-seller
de Mario Puzo, Francis Ford Coppola est confronté à plusieurs
récits – l’histoire de la Mafia américaine,
son imagerie mythique, l’interrogation identitaire italo-américaine –,
auxquels il mêle des souvenirs personnels et l’héritage
culturel légué par sa communauté. Dépassant
la simple commande commerciale, il réussit à établir à l’écran,
via la fiction, sa part de vérité. Le premier film
sera complété par deux suites. Le temps de constitution
de cette trilogie, près de vingt ans, renvoie à deux
autres durées exceptionnellement longues : la durée
du métrage final des trois films (près de neuf heures)
et celle de la période décrite (quatre-vingt ans de
l’histoire des États-Unis). Brisant la linéarité classique,
la trilogie du Parrain souligne la pertinence de l’outil
cinématographique dans la construction d’un récit
aux temporalités multiples. Ces temporalités concernent
aussi bien le spectateur que le cinéaste lui-même (…).
Face à ses propres images, Coppola transforme la "re-vision" en
travail de mémoire : manière supplémentaire
de surmonter l’apparent paradoxe entre le film hollywoodien
et le récit intime. »
Frédéric Foubert, Vingtième Siècle,
Revue d'histoire
Ce film, plus direct que les deux premiers mais
cependant à la
respiration plus lente, a fondamentalement pour thème la recherche
de la rédemption de Michael Corleone, et l’échec
de cette quête. Le dernier plan résume le film en quelques
instants : le personnage lâche l’orange qu’il tenait à la
main et s’écroule lentement vers le sol – démonstration
que c’est la loi de la pesanteur qui l’emporte toujours,
cette pesanteur des traditions de vendetta et de criminalité contre
laquelle Michael essayait de lutter. L’échec de Michael à se
réformer tient plus généralement au fonctionnement
du monde dans lequel il vit, où l’institution qui devrait être
la plus morale – l’Eglise – n’est pas exempte
d’un fonctionnement maffieux qui engloutira Michael alors qu’il
espérait se réformer à son contact.
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