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SEANCE UNIQUE
dimanche 11 février à 16h30
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LA
RÈGLE DU JEU
de Jean Renoir
France, 1939, 1h55
Avec Jean Renoir, Marcel Dalio, Roland Toutain, Paulette Dubost
L’aviateur André Jurieux vient d’accomplir une
performance étonnante : il a traversé l’Atlantique
en vingt-trois heures. Il espère ainsi conquérir le cœur
d’une aristocrate, Christine de La Chesnaye. Mais celle-ci n’est
même pas venue l’accueillir au Bourget. Désespéré,
il tente de se tuer en voiture. Dans l’espoir d’arranger
les choses, Octave, un ami commun, obtient des La Chesnaye une invitation
pour Jurieux à la partie de chasse qu’ils donnent dans
leur propriété de la Colinière. Au cours de la
chasse, Christine découvre par hasard la liaison de son mari
avec une de leurs amies, Geneviève de Marras. Par dépit,
elle laisse Jurieux et un autre soupirant, Saint-Aubin, lui avouer
leur amour. Au cours d’une fête costumée, les masques
tombent…
« Dans La Règle du jeu, tout
se joue en sous-sol, autour d’une table de cuisine couverte de
victuailles. À l’insu
du beau monde qui pavane dans les étages, les domestiques
gouvernent. (…) Avec cette subtile inversion des rôles,
Jean Renoir prouve que la vérité n’est pas forcément
où l’on croit. Il cherche à éduquer le
regard du spectateur, pour lui apprendre à déceler
autour de lui les infimes détails qui rendent la vie plus
vibrante et plus honnête. En un mot il lui apprend à regarder
un film. (…) Privés de ses repères habituels
devant cette œuvre ouverte et libre, sans trame ni héros,
le public d’avant-guerre est perdu. Interdit, le film disparaît
des écrans dès le mois d’août 1939. Il
faudra attendre 1965 pour qu’il ressorte dans sa version intégrale,
grâce aux jeunes loups de la Nouvelle Vague, qui ont lu André Bazin
et appliquent son précepte à la lettre : "C’est
une œuvre qu’il faut revoir comme on réécoute
une symphonie, comme on médite devant un tableau, car on en
perçoit mieux chaque fois les harmonies intérieures." »
Marine
Landrot, Télérama
« La Règle du
jeu est non seulement l’expression
la plus achevée de l’école réaliste française
d’avant-guerre, mais en même temps la préfiguration
des éléments les plus originaux de l’évolution
cinématographique des quinze années suivantes.
Hervé Bazin,
Jean Renoir, 1971
« Je crois que cela reste à ce jour l’expérience
la plus confondante que m’ait procurée le cinéma.
Au sortir de la salle, je me suis assis sur le bord du trottoir,
et je suis resté pétrifié pendant cinq bonnes
minutes, puis je me suis retrouvé arpentant les rues de Paris
pendant deux heures. Tout était sans dessus dessous, toutes
mes idées sur le cinéma avaient été mises
au défi. »
Alain Resnais (propos rapportés par Robert Benayoun, Alain Resnais,
arpenteur de l’imaginaire)
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