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SEANCE UNIQUE
Lundi 5 février à 20h30
SÉANCE SUIVE D’UN DÉBAT AVEC CÉCILE
RAIMBAUD, JOURNALISTE INDÉPENDANTE, PASSIONNÉE PAR LES CONFLITS
SOCIAUX EN AMÉRIQUE LATINE ET CO-AUTEUR AVEC DANIEL HÉRARD DE ARGENTINE
REBELLE (ED. ALTERNATIVES 2006)
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THE
TAKE
de Avi Lewis et Naomi Klein
Canada,
2004, 1h27, VOSTF, documentaire
À la suite de la crise économique
argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue
de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons
et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir
les machines, de reprendre le travail. Freddy Espinosa, président
de la nouvelle coopérative des ouvriers de La Forja, et Lalo
Paret, activiste du Mouvement National des Entreprises Récupérées,
vont faire face, avec leurs camarades, à leurs anciens patrons,
aux banquiers et au système tout entier..
« Le cinéaste Avi Lewis et la journaliste Naomi
Klein, auteur de No Logo, sont deux militants altermondialistes
qui ont débarqué en Argentine au début de 2002
après avoir assisté au forum social de Porto Alegre.
Ils vont rapidement se passionner pour un des aspects du grand mouvement
qui mobilise depuis décembre 2001 la classe ouvrière
et la petite bourgeoisie ruinée. Ce film ne fait donc pas double
emploi avec Argentine, Mémoires d'un saccage de Fernando Solanas
qui ne s'intéressait que de façon allusive à l'activité des
chômeurs et des ouvriers. The Take (la prise) est focalisé sur
l'action et la vie personnelle d'ouvriers prenant leur usine en mains
et tentant de la faire fonctionner en se passant de leur patron. Cette
usine est "la Forja San Martin" qui fabrique des pièces
détachées pour automobiles. Le mouvement d'autogestion
qui ne concernait au début que l'usine de confection Brukman
et celle de céramique Zanon s'est étendu et touche aujourd'hui
deux cents entreprises. Les ouvriers de "San Martin" doivent
d'abord surmonter leur découragement devant des ateliers déserts
et du matériel en mauvais état ou faisant défaut.
Ils trouvent un appui moral et des conseils auprès des travailleurs
qui gèrent déjà leur usine. Ces occupations sont
l'objet de contestations judiciaires et d'interventions policières
musclées au cours des années 2003 et 2004. De nombreux épisodes
se produisent au cours de la campagne électorale qui a abouti à l'élection
de l'actuel président péroniste Nestor Kirchner. On voit
au sein d'une famille ouvrière que les avis sont partagés
sur ce politicien. Le film montre l'expulsion brutale des ouvrières
de l'usine Brukman qui reprendront ultérieurement possession
des lieux. Les nantis voient d'un très mauvais oeil ce qui est
devenu le Mouvement National d'Entreprises Récupérées.
Dans le magazine Trois couleurs d'avril des salles MK2, Avi
Lewis déclarait : "Le mois dernier, l'épouse d'un
des ouvriers de l'usine Zanon a été kidnappée
puis torturée. Des individus l'ont enlevée à bord
d'une Ford Falcon, un véhicule qui rappelle aux Argentins des
jours bien sombres, et qui indique qu'il s'agit de groupes mafieux
issus de la dictature et toujours actifs aujourd'hui. C'est un exemple
particulièrement violent, mais les menaces de mort par téléphone
envers les syndicalistes sont quotidiennes. Je crois que le mouvement
perdurera, maintenant qu'il a prouvé qu'il pouvait résister
aux pressions tout en créant des emplois." On sent que
les réalisateurs, qui n'apparaissent que furtivement à l'écran, éprouvent
beaucoup de sympathie et d'admiration pour ces travailleurs en lutte
qui pratiquent la démocratie directe. Ce film chaleureux n'a
rien de caricatural ou d'ostentatoire. En témoignant de l'expérience
ouvrière argentine en cours, il contribue à donner corps à l'idée
que l'on peut se passer des patrons et s'en porter mieux à tous égards.
Si l'expropriation des capitalistes et la gestion de quelques usines
par les travailleurs argentins fonctionnent, on se dit que l'expérience
est généralisable à toute l'économie... »
Samuel Holder, Culture et Révolution
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