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SEANCE UNIQUE
mardi 27 février à 20h30
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JOHAN
VAN DER KEUKEN : 2 COURTS MÉTRAGES
HERMAN SLOBBE, ENFANT AVEUGLE 2
(HERMAN SLOBBE, BLIND KIND 2)
de Johan van der Keuken
Pays-Bas, 1966, 29 min, VOSTF
Johan van der Keuken a réalisé un
premier film de 30 minutes dans une institution d’enfants aveugles.
Au cours du tournage, il remarque Herman Slobbe auquel il consacre un deuxième
film. La forte personnalité d’Herman se double d’un rapport
exceptionnel à la jouissance. Les aveugles apparaissent souvent comme
des êtres introvertis, celui-ci s’éclate en permanence
que ce soit dans une recherche sonore éperdue ou dans d’autres
challenges. En bon cinéaste, Johan van der Keuken intègre la
force d’un tel désir : Herman devient le reporter du film, change
de rôle, n’est plus objet.
« L’Enfant aveugle 2 renvoie au néant tout
ce qu’il aurait pu être (du docu humanitaire au voyeurisme honteux)
et finit par nous donner accès au personnage d’Herman Slobbe,
en tant qu’il existe aussi en dehors du film, avec ses projets, sa
dureté, et surtout – c’est là le plus grand
scandale – son rapport à la jouissance. Le film finit sur un étrange "chacun
pour soi" qui n’a de sens que parce que, pendant vingt minutes
de film, chacun a été (tout pour) l’autre au regard du
spectateur. »
Serge Daney, Les Cahiers du Cinéma |
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LES VACANCES DU CINÉASTE
(DE VAKANTIE VAN DER FILMER)
de Johan van der Keuken
Pays-Bas,
1974, 39 min, VOSTF
À Tournebouix, un petit village
dépeuplé de l’Aude où un vieux couple confie
ses souvenirs d’un autre temps – la guerre, la maladie,
la mort –, le cinéaste construit son film comme
un recueil d’images autonomes, qui, réunies, composent
son univers mental : le bonheur familial, fragments de quelques-uns
de ses films antérieurs, hommage au saxophoniste Ben Webster,
deux poèmes de Remco Campert et Lucebert, un portrait du cinéaste
qui lui avait appris la photographie dès l’âge de
douze ans, des événements politiques de l’actualité (la
chute de la dictature des Colonels en Grèce, la révolte
des paysans français).
« Il y a quelque
chose de thérapeutique dans l’acte de filmer. Mais il
faut faire attention de ne pas s’empêcher d’aller
en psychothérapie ! Le cinéma peut masquer. Il faut savoir
sortir du projet de cinéma. Beaucoup d’artistes disent
: "Je ne veux rien savoir de moi, ça m’ôterait
ma créativité." Je crois le contraire. Quand on
se sent bloqué dans son art, confronté à des choses
insolubles, et je l’ai été, il faut y aller. Ma
question était : comment puis-je savoir autant de choses par
le cinéma tout en sachant si peu sur moi ? Finalement, je ne
savais rien ou presque. Il y a des artistes qui font des choses très
profondes sans jamais rien savoir d’eux-mêmes. Tout cela
est assez mystérieux. »
Johan van der Keuken
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