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SEANCES
mercredi 20 février à 15h
samedi 23
février à 19h
jeudi 28 février à 15h
dimanche 2 mars à 15h
À PARTIR DE 9 ANS
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LES
400 COUPS
de François Truffaut
France, 1959, 1h33
Avec Jean Pierre Leaud, Guy Decomble, Claire Maurier
Renvoyé du lycée à 12 ans, Antoine Doinel poursuit ses études dans
un cours complémentaire. Mais il n'est pas aimé de son professeur,
pas plus que de sa mère et de son beau-père. Après avoir eu une punition,
il fait l'école buissonnière avec son ami René à la conquête de sa
liberté.
" Un archiclassique.
De quoi sont faits les films ? François Truffaut, qui a été l'assistant
de Roberto Rossellini, connaît bien la réponse : il suffit de trouver
une situation. La situation des 400 Coups, il va la chercher au plus
près, puisqu'il s'agit de la vie d'un préadolescent mal aimé à Paris.
Truffaut connaît les deux, et le film est, comme chacun sait, fortement
nourri de son enfance.
Il y a sans doute une autre raison à ce choix : il est créateur de
mouvement, auquel le jeune cinéaste est pour le moment très attaché
(dans Les Mistons, son seul vrai court métrage, tout repose sur les
promenades en vélo de l'héroïne). Pour dire les choses simplement,
le sujet des 400 Coups permet à Truffaut de filmer des gens "qui
bougent" : des enfants qui courent dans les rues, chahutent, dégringolent
les escaliers, se battent dans la cour, jouent au ballon, s'enfuient
(parfois même avec une machine à écrire sous le bras), volent une bouteille
de lait, s'insultent... Et comme nous sommes en hiver, de la buée sort
de la bouche des personnages et ces petits nuages blancs impressionnent
eux aussi la pellicule.
Et puis il y a Paris : les passants, les commerçants, les attractions
des fêtes foraines qui tournent sur elles-mêmes comme un praxinoscope.
La nuit, à Paris, on ne voit plus que les néons des boîtes de nuit
et des salles de spectacle, leurs reflets sur les trottoirs mouillés,
et quand Antoine Doinel fait un tour en voiture avec ses parents, les
lumières qui caressent subrepticement les visages sont floutées par
les gouttes qui recouvrent le pare-brise. Ce Paris-là, c'est celui
d'avant le grand nettoyage ordonné par Malraux, un Paris noir, industriel,
poussiéreux, un Paris populaire, avec ses taudis, un Paris aux murs
griffés, griffonnés, épaufrés, que la caméra d'Henri Decae caresse
dès les premiers plans du film, avec la tour Eiffel qui émerge au milieu
de la grisaille.
A Paris, il y a des murs partout, à la maison, à l'école (on écrit
sur les murs de la classe, mais pas pour y écrire "liberté" comme
ce bon vieil Eluard), au cinéma, en prison... Effets de noir et blanc,
jeux d'ombres et de lumières, sons (les pizzicati du violon qui rythment
l'action) et bruits de la rue, le jeune cinéaste Truffaut, assoiffé
de cinéma, veut de l'image qui bouge dans ses plans.
Les scènes les plus faibles du film, celles qui ont le plus mal vieilli,
sont aussi les plus figées : celles qui confrontent le jeune héros
à des marionnettes grimaçantes plus qu'à des êtres humains le professeur
d'anglais ou le veilleur de nuit qui chope Antoine Doinel. Un Antoine
Doinel qui ne tient jamais en place, vif-argent au milieu du monde
gris des adultes. "
Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles
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