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SEANCES
Samedi 9 février à 17h
Lundi 11 février à 18h30
Mardi 12 février à 20h30
INÉDIT À NANTES
MARDI 12 FÉVRIER À 20:30 • SÉANCE SUIVIE D’UNE RENCONTRE AVEC GAËLLE
VU, RÉALISATRICE
Des écrits autour du film sont disponibles ici
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LA
MAISON DE MARIATA
de Gaëlle Vu et Mariata Abdallah
France,
2005, 1h10, documentaire
La Maison de Mariata conte l’histoire d’un mariage aux
Comores, pays où la polygamie est non seulement légale, mais coutumière.
Apprenant le prochain mariage de son époux avec une autre femme
que sa sœur lui a choisie, Mariata, femme de ménage dans un hôtel
à Marseille, décide de l’accompagner au pays pour être présente
à ses côtés pendant toute la durée des cérémonies, quelle que
soit sa douleur. Les images qu’elle en rapporte, sur support vidéo
amateur, ont été tournées en partie par leur fils ; ce sont en
quelque sorte des images privées, familiales, sans la moindre
ambition professionnelle : leur force est celle d’un document
brut témoignant de manière inédite d’une culture africaine populaire,
musulmane et polygame. Ces images, Mariata les donne à son amie
Gaëlle Vu, cinéaste franco-vietnamienne, habitant comme elle le
quartier du Panier à Marseille. Toutes deux décident d’en faire un
film qui s’élabore sous nos yeux dans une étroite complicité, patiemment,
chemin faisant.
« A l’arrivée quel est ce film, à ma connaissance
sans équivalent ?
Sur l’écran : des images VHS gonflées en 35 mm, traces de la
souffrance d’une femme répondant au déshonneur par la dignité, filmées
notamment par son propre fils dont le choix intuitif des cadrages
vise en permanence à la soutenir dans l’épreuve. Au son : le
chuchotement complice de deux femmes au travail, Gaëlle et Mariata,
commentant ces plans au fur et à mesure qu’elles les découvrent ensemble,
œuvrant toutes deux à construire le même film depuis leurs expériences
respectives poétiquement, amoureusement, mises en commun. La
Maison de Mariata vibre de cette rencontre inouïe, jamais entendue,
entre deux femmes et deux mondes, entre deux présences proches, solidaires
jusque dans leur altérité radicale et qui finissent par se rejoindre
dans un même processus de travail : dialogue susurré face aux
images, c’est-à-dire depuis notre place de futur spectateur, que
les deux femmes supposent être à leurs côtés, avec elles, dans une
même maison commune, celle du cinéma. »
Patrick Leboutte
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