A caca (© DR)

SEANCES

Mercredi 28 janvier à 18h30
Vendredi 30 janvier à 21h

LA CHASSE (A CACA)

de Manoel de Oliveira
Portugal / 1964 / 26 min

Avec Joao de Almeid, Albino Freitas, Manuel De Sa., Antonio Rodrigues Dos Santos

Deux amis trop jeunes se font chasseurs sans fusil et deviennent les protagonistes d'une tragedie absurde.

Un film de Manoel de Oliveira est reconnaissable entre mille. On y retrouve toujours cette même lenteur majestueuse, cette beauté sereine qui est celle des fleuves, le cours impassible d'une force qui traverse le siècle, comme le Douro. Presque toujours chez lui, les plans sont fixes, frontaux, les plans sont longs. Ce "système", suivi rigoureusement de film en film, semble vouloir nous inviter à la contemplation. Il y a là comme une sorte de corset, comme une discipline : la volonté de ne pas user de séductions trop faciles, le désir de se retirer pour mettre en valeur les mots et les idées. Et pourtant, l'image aussi resplendit souvent d'elle-même, tel un tableau soigneusement composé, offert à nos yeux - telle une icone parfois. Manoel de Oliveira emprunte en fait à tous les arts : au théâtre, à la peinture, à la littérature, voire à la musique ; mais toujours il fait du cinéma. Tous ces emprunts réussissent à créer une temporalité nouvelle, une tension particulière qui impose un regard neuf - et des films d'une épaisseur, d'une richesse de sensations rares. Au bout du compte, cette sobriété, cette retenue coutumière semble même la meilleure façon de rendre aux moyens du cinéma tout leur pouvoir d'expression. Et le carcan de son esthétique, facilement perceptible, facilement caricaturable, devient l'occasion de formidables émotions : le cinéaste se ménage ainsi la possiblité de ruptures, d'innovations étonnantes, qui ont alors la beauté et la violence des digues rompues.

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