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SEANCES
dimanche 29 janvier à 16h30
lundi 30 janvier à 20h
(séance suivie d’un débat avec Aurine Crémieux,
Coordinatrice pour l’Inde de la Commission «Femmes»
d’Amnesty International)
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MATRUBHOOMI, UN MONDE SANS FEMMES
de Manish Jhâ
Fance - Inde, 2003, 1h38, VOSTF
avec Tulip Joshi, Sudhir Pardey, Piyush Mishra
Dans une région rurale de l’Inde où depuis des années
la population féminine est décimée, Ramcharan essaie
désespérément de marier ses cinq fils. Non loin
de là, un pauvre paysan cache son bien le plus précieux
: Kalki, sa fille de 16 ans, véritable beauté. Ramcharan
achète Kalki à prix d’or et la destine officiellement
à l’aîné de ses fils. La noce célébrée,
la jeune fille se retrouve livrée au désir des cinq frères
et de leur père.
Manish Jhâ : « La dualité entre la façon
dont on traite les femmes et la position qu’elles occupent dans
la société est un sujet qui m’a toujours intrigué.
En Inde, les femmes sont vénérées comme les déesses
Kali et Dura, et pourtant, chaque année, des milliers d’entre
elles sont victimes de morts cruelles, de viols ou tout simplement éliminées
à la naissance. Il est évident que les femmes contribuent
à établir une société saine et stable, et
le déséquilibre entre les sexes a créé une
société moralement très instable. Le film est une
projection sur l’avenir, quand les femmes indiennes ne seront
plus qu’une espèce en voie de disparition. Et même
si le contexte est futuriste, le milieu, l’humour, le sujet et
les personnages sont ancrés dans une réalité contemporaine
de manière à souligner l’ampleur du problème.
L’absence de femmes mène inexorablement à la dégradation
des hommes, leur retirant ainsi tout ce qui fait d’eux des êtres
humains. Le film est une ode à la beauté et au pouvoir
des femmes. »
« Manish Jhâ anime récit et mise en scène
de tous les ressorts de la fable, de l'outrance au grotesque, du pathétique
qui basculerait presque à l'émollient, ne serait la violence
toute crue qui le défend. Il ose avec une même vigueur,
pour ce film féministe, la beauté des couleurs de l'Inde
et la douceur infinie d'un regard d'amour que le sari en un instant
dévoile et voile. »
Dominique Widemann, L'Humanité
« Ce pamphlet futuriste (mais sans complaisance gore), destiné
à secouer les masses indiennes, ne se révèle pas
moins saisissant pour le spectateur occidental. Comme quoi, bien employés,
les ressorts classiques d'un certain cinéma populaire gardent
une efficacité qui ne pâtit pas de la distance. Bien au
contraire. »
Ange-Dominique BOUZET, Libération
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