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SEANCES
mardi 31 janvier à 20h30
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POUR LA SUITE DU MONDE
de Pierre Perrault et Michel Brault
Canada, 1962, 1h45
Avec Léopold Tremblay, Alexis Tremblay, Abel Harvey, Louis Harvey,
Joachim Harvey… et les habitants de l'île aux Coudres
Les habitants de l'île aux Coudres tendaient une pêche aux
marsouins sur le fleuve Saint-Laurent jusqu'en 1924. À l'instigation
des cinéastes, ils ont «relevé la pêche»,
en 1962, pour en perpétuer la mémoire.
« Comme le cinéaste l’écrit lui-même
à propos de son premier film en forme de coup de maître,
Pour la suite du monde, "L’un est venu à l’image
par le verbe. L’autre, au verbe par l’image". Dans
cet opus, le premier du cycle consacré aux habitants de l’île
aux Coudres vivant à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent,
c’est la relance, lors d’une conversation, du sujet de la
pêche légendaire au marsouin qui provoque sa reprise, trente
ans après son abandon par les insulaires. Déjà,
tout l’art de Perrault se déploie : captation in situ de
la parole, de cette "viande crue, ce langage en haillons",
comme il aimait le répéter, et mise en images de son pouvoir
performatif, complexité du montage où alternent des plans
de durée très diverses, va-et-vient de la caméra
qui colle à la peau des protagonistes... L’important pour
Perrault, en définitive, étant de travailler à
l’image, l’écart entre le mythe d’une communauté
et la réalité de son existence au présent, et ce
faisant de croiser les temps, comme le suggère la récurrence
des plans où les générations d’insulaires
se succèdent au cours de la préparation/résurrection
de la pêche oubliée. Et les " harts " que les
hommes fichent dans le sol vaseux pour piéger le poisson deviennent
devant l’objectif du cinéaste autant de signes tangibles
qu’une communauté dresse pour rejouer son histoire, les
soubassements d’une scène " primitive " où
elle se refonde dans l’espace du film. »
Emmanuel Chicon,
L’Humanité
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