janvier 2007
 
  Mulholland Drive (© DR)

 

 

 

CYCLE
TOURS DE RÔLES • ACTEURS, ACTRICES
SECONDE PARTIE

DU 24 JANVIER AU 4 FÉVRIER 2007


DE LA VIE DES SECONDS RÔLES : DAVID LYNCH
« On pourrait ainsi résumer les aventures de Rita et Betty dans Mulholland Drive : des images qui se croyaient déliées de toute contrainte matérielle et découvrent brutalement qu’elles bourgeonnent sur un cadavre. Mulholland Drive est lui-même l’âme errante d’un feuilleton crevé (un projet de série avorté), tout comme, auparavant, Fire Walk With Me émanait d’une série morte d’épuisement, Twin Peaks, qui poussait elle sur le cadavre de Laura Palmer. [...] Lorsqu’on lui demanda pourquoi il avait ressenti le besoin de revenir à Twin Peaks dans Fire Walk With Me, Lynch répondit simplement : « J’étais amoureux du personnage de Laura Palmer, de ses contradictions : radieuse en surface, mourante à l’intérieur. J’avais envie de la voir vivre, bouger, parler. » Il s’agissait bien, concrètement, de voir bouger un cliché : ce portrait familial de l’adolescente, sur lequel se déroulait le générique de chaque épisode du feuilleton. Le personnage de Laura, cadavre germinal de Twin Peaks et stéréotype fantasmé de la jeune fille délurée, se réduisait jusqu’alors exclusivement à cette photo sous verre et au visage marmoréen de son cadavre. C'était une image morte. Peut-être ne s’agit également que de cela, dans Mulholland Drive : redonner du mouvement, du jeu, aux clichés dévalués qui pourrissent dans les tiroirs hollywoodiens. »
Hervé Aubron (critique aux Cahiers du Cinéma et à la revue Vertigo).


jeudi 25 janvier à partir de 18:00 • à l’invitation de l’association bulCiné et à l’occasion de la sortie de son livre Mulholland Drive (Dirt walk with me), Hervé Aubron accompagnera les projections de Twin Peaks et Mulholland Drive (tarif spécial : 5 euros la soirée)

Twin Peaks, Fire Walk With Me
Mulholland Drive


KING KONG, ALAIN RESNAIS :
L’ACTEUR FACE AU MONSTRE

« À priori, aucun point commun entre King Kong et Alain Resnais. Dans les deux King Kong, celui de Cooper et Schoedsack en 1933, celui de Peter Jackson en 2005, le personnage de l’actrice Ann Darrow, joué par Fay Wray puis par Naomi Watts, doit mesurer son talent et ses ressources expressives à ceux de la Bête en tant que miracle de la nature et prodige des effets spéciaux cinématographiques. Dans On connaît la chanson puis Cœurs, André Dussolier, Pierre Arditi, Sabine Azéma, Lambert Wilson, doivent caler leur jeu entre un scénario volontiers "psychologique" et une mise en scène d’inspiration plus formaliste ; c’est l’audace de Resnais depuis dix ans : faire un cinéma populaire abstrait.
Des deux côtés, l’humain n’est pas sûr, quelque chose le menace : la Bête d’un côté, la dépression ou la mort, les méduses ou la neige de l’autre. Un contre-champ de Monstre – celui-là même auquel Ann est sans cesse confrontée, en 2005 comme en 1933 – ne donne-t-il pas alors partout la mesure ? Plus largement : en quoi le jeu de l’acteur est-il modelé et débordé par un excès, un monstruosité naturelle, affective ou technologique ? L’acteur est-il homme ou bête ? Une sorte de monstre, sacré ou pas ? »
Emmanuel Burdeau, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma.

Emmanuel Burdeau sera présent au Cinématographe les 2 et 3 février pour présenter ces 4 films, et interviendra vendredi 2 février à l'issue de la projection de Cœurs et samedi 3 février à l'issue de la projection de King Kong (2005)


On Connaît la Chanson
Cœurs
King Kong (1933)
King Kong (2005)

 
  haut de la page
retour