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CYCLE
TOURS DE RÔLES • ACTEURS, ACTRICES
SECONDE PARTIE
DU 24 JANVIER AU 4 FÉVRIER 2007
DE LA VIE DES SECONDS
RÔLES : DAVID LYNCH
« On pourrait ainsi résumer les aventures de
Rita et Betty dans Mulholland Drive : des images qui se croyaient
déliées de toute contrainte matérielle et découvrent
brutalement qu’elles bourgeonnent sur un cadavre. Mulholland
Drive est lui-même l’âme errante d’un feuilleton
crevé (un projet de série avorté), tout comme,
auparavant, Fire Walk With Me émanait d’une série
morte d’épuisement, Twin Peaks, qui poussait
elle sur le cadavre de Laura Palmer. [...] Lorsqu’on lui demanda
pourquoi il avait ressenti le besoin de revenir à Twin
Peaks dans Fire Walk With Me, Lynch répondit simplement : « J’étais
amoureux du personnage de Laura Palmer, de ses contradictions :
radieuse en surface, mourante à l’intérieur. J’avais
envie de la voir vivre, bouger, parler. » Il s’agissait
bien, concrètement, de voir bouger un cliché : ce
portrait familial de l’adolescente, sur lequel se déroulait
le générique de chaque épisode du feuilleton.
Le personnage de Laura, cadavre germinal de Twin Peaks et
stéréotype fantasmé de la jeune fille délurée,
se réduisait jusqu’alors exclusivement à cette
photo sous verre et au visage marmoréen de son cadavre. C'était
une image morte. Peut-être ne s’agit également que
de cela, dans Mulholland Drive : redonner du mouvement,
du jeu, aux clichés dévalués qui pourrissent
dans les tiroirs hollywoodiens. »
Hervé Aubron (critique aux Cahiers du Cinéma et à la
revue Vertigo).
jeudi 25 janvier à partir de 18:00 • à l’invitation
de l’association bulCiné et à l’occasion de
la sortie de son livre Mulholland Drive (Dirt walk with me),
Hervé Aubron accompagnera les projections de Twin Peaks et Mulholland
Drive (tarif spécial : 5 euros la soirée)
Twin Peaks, Fire Walk With Me
Mulholland Drive
KING KONG, ALAIN RESNAIS :
L’ACTEUR FACE AU MONSTRE
« À priori, aucun point commun entre King Kong et
Alain Resnais. Dans les deux King Kong, celui de Cooper et Schoedsack
en 1933, celui de Peter Jackson en 2005, le personnage de l’actrice Ann
Darrow, joué par Fay Wray puis par Naomi Watts, doit mesurer son talent
et ses ressources expressives à ceux de la Bête en tant que miracle
de la nature et prodige des effets spéciaux cinématographiques.
Dans On connaît la chanson puis Cœurs, André Dussolier,
Pierre Arditi, Sabine Azéma, Lambert Wilson, doivent caler leur jeu
entre un scénario volontiers "psychologique" et une mise en
scène d’inspiration plus formaliste ; c’est l’audace
de Resnais depuis dix ans : faire un cinéma populaire abstrait.
Des deux côtés, l’humain n’est pas sûr, quelque
chose le menace : la Bête d’un côté, la dépression
ou la mort, les méduses ou la neige de l’autre. Un contre-champ
de Monstre – celui-là même auquel Ann est sans cesse confrontée,
en 2005 comme en 1933 – ne donne-t-il pas alors partout la mesure ?
Plus largement : en quoi le jeu de l’acteur est-il modelé et
débordé par un excès, un monstruosité naturelle,
affective ou technologique ? L’acteur est-il homme ou bête ?
Une sorte de monstre, sacré ou pas ? »
Emmanuel Burdeau, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma.
Emmanuel Burdeau sera présent au Cinématographe
les 2 et 3 février pour présenter ces 4 films, et interviendra
vendredi 2 février à l'issue de la projection de Cœurs et
samedi 3 février à l'issue de la projection de King
Kong (2005)
On Connaît la
Chanson
Cœurs
King Kong (1933)
King Kong (2005)
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