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SEANCES
Mercredi 10 janvier à 18h30
Samedi 13 janvier à 18h30
Dimanche 14 janvier à 18h30
Lundi 15 janvier à 18h30
RÉÉDITION
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LA
FIÈVRE DANS LE SANG
(SPLENDOR IN THE GRASS)
de
Elia Kazan
USA, 1961, 2h04, VOSTF
Avec Natalie Wood, Warren Beatty, Pat Hingle, Audrey Christie, Barbara Loden,
Zohra Lampert
En 1929, dans une petite ville du Kansas, Bud, fils d'un
riche propriétaire,
et Deanie, fille d'un petit actionnaire, s'aiment passionnément et songent à se
marier. Mais les préjugés sont trop forts, et leurs parents s'opposent à cette
union... les effets maladifs du puritanisme sont dans ce film poussés à leur
comble, sous un versant étonnamment intime dans le cadre d’un système
hollywoodien.
« Comme dans chacun de ses films, Elia Kazan
poursuit avec La Fièvre dans le sang (…) la longue
quête, passionnée et angoissée, de son pays d’accueil,
les États-Unis. Splendor in the Grass (magnifique
titre original, hommage au poète Wordsworth), dont le scénario
est dû au grand écrivain William Inge, est situé avec
précision dans le temps (1929, pour le plus clair de son action)
et dans l’espace (une bourgade du Kansas). Prolongeant À l’est
d’Eden dans l’exposition des méfaits du puritanisme
hérité des Pères fondateurs, La Fièvre
dans le sang montre aussi un pays en crise, dont le système
de valeurs (capitalisme, foi dans le travail récompensé par
les dollars, toute puissance de la figure paternelle) est en train
de vaciller. L’état de "crise" est en outre
la caractéristique des personnages de ce film exacerbé et
fébrile, où des êtres, ébranlés
par des pressions antagonistes, plongent, s’en sortent (Deanie,
Bud) ou sombrent définitivement (Ace, Ginny). Kazan est attentif
aux élans vitaux ou destructeurs de ceux qu’il met en
scène, privilégiant les sensations, les sentiments,
les pulsions, les cris, les rires, les pleurs, qui font d’un
bloc de chair, de sang et d’os un être authentiquement
humain et vivant. Natalie Wood et Warren Beatty sont resplendissants
de jeunesse mais, à travers eux, Kazan nous montre qu’il
n’est pas toujours facile d’avoir vingt ans, surtout
quand la société pèse lourd sur vos épaules. »
Guy Bellinger
« De longues scènes, prolongées au-delà de
ce que leur strict contenu dramatique exige, découpées
et montées pour que l'acteur et le corps de l'acteur soient
rois, montrent des personnages malades, frustrés, névrosés
dont l'angoisse naît lentement, monte, explose ou bien n'explose
pas et, dans ce cas, les détruit encore plus irrémédiablement.
Ce style de direction d'acteurs porte en lui-même sa philosophie
et son point de vue sur le monde. Il n'est apte qu'à décrire
des univers en décomposition qu'un bouleversement de valeurs
va bientôt balayer. Il chante avec une intensité parfois
poignante une décadence qui n'a même pas eu sa grandeur.
Transplanté ailleurs, il devient vite odieux et n'est qu'une
complaisance insoutenable. Ici, il est parfaitement adapté au
sujet "historique" traité par le script de William
Inge : à savoir les ravages du puritanisme dans l'âme
de l'Amérique des années 30 vus à travers toutes
les couches, riches et pauvres, de la société ; ses
rapports avec la maladie mentale et donc avec la psychanalyse ;
les tragédies individuelles qu'il engendre et l'espèce
de bonheur déchirant (qui n'est pas le bonheur) auquel parviendront
avec le temps les survivants. À cet égard la dernière
scène du film - retrouvailles entre Deanie et Budest l'une
des plus belles de l'oeuvre de Kazan. »
Ciné-club
de Caen
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