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SEANCE UNIQUE
Mardi 16 janvier à 20h30
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FINIS
TERRAE
de
Jean Epstein
France,
1929, 1h07, muet
Avec
les habitants de l'île de Bannec et d'Ouessant
Sur un îlot désertique de Bretagne, quatre pêcheurs de goémon
travaillent l'été dans un complet isolement. Amboise se blesse
gravement. Malade il est mis en quarantaine, mais devant la gravité de
son état, Jean-Marie décide de le ramener à Ouessant. Le
pays breton fournit à Jean Epstein la matière première,
la quintessence de cette sorte de "magie visuelle" qui l’obsède.
Pas d’esthétisme fabriqué ici, mais une poésie brute,
ancrée dans le réel.
« Pour Jean Epstein (…), l’art cinématographique
se doit d’évacuer autant que possible toutes les scories de la dramaturgie,
tous les artifices de la narrativité, au profit de la seule recherche
expressive de l’image, celle-ci étant considérée comme
une unité autonome, "un calligramme où le sens est attaché à la
forme". Il croit au rythme pur, au montage signifiant, à l’impact
des visages et du paysage. Le pays breton lui fournit la matière première,
la quintessence de cette sorte de "magie visuelle" qui l’obsède.
Point d’esthétisme fabriqué ici, mais une poésie brute,
ancrée dans le réel. "En quittant Ouessant, dit-il, j’ai
eu l’impression d’emporter non un film, mais un fait." Document
sans concession (mais non documentaire), Finis Terrae peut-être
regardé comme un ancêtre du néo-réalisme, par son
refus – audacieux pour l’époque – de tout épanchement
mélodramatique, son tournage en décors réels, son interprétation
confiée à des non-professionnels. On songe parfois à Flaherty
devant ce constat austère, qu’imprègne un lyrisme retenu
et souvent poignant. Pierre Leprohon, l’un des exégètes du
cinéaste, parle de "beauté nue, directe" et d’"évidence
plastique" saisissante. Epstein poursuivra cet effort, en solitaire, dans Mor-Vran (1931),
L’Or des mers (1932) et une série de courts-métrages, à la
fois âpres et raffinés, sans jamais connaître toutefois un
vrai succès, commercial ou critique. L’ensemble de son œuvre,
pleine d’aspérités et de beautés éparses, a
fait ces dernières années, l’objet d’une patiente réévaluation. »
Claude Beylie, rédacteur en chef de L’Avant-scène
cinéma
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