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SEANCES
Samedi 3 février à 16h30
(+ intervention Emmanuel Burdeau)
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KING
KONG
de
Peter Jackson
USA,
2005, 3h, VOSTF
Avec
Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Colin Hanks, Andy
Serkis, Evan Parke, Jamie Bell
New-York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière
a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant
sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur
Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse
des aventures… Il l'embarquer pour Singapour avec son scénariste,
Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever
sous ces cieux lointains son génial film d'action. Mais Denham nourrit
en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer
la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. Sur cette île
de légende, Denham sait que "quelque chose" l'attend, qui changera à jamais
le cours de sa vie...
« Que peut l’actrice Naomi Watts, que peut
l’actrice Ann Darrow jouée par l’actrice Naomi Watts face à Kong
numériquement ressuscité, face à la faune extravagante de
l’Île du Crâne, dinosaures par troupeau, trio de T-Rex, serpents,
araignées, vers géants, chauves-souris, ptérodactyles et
autres amis du jurassique ? Elle ne peut pas grand-chose, sinon réajuster
sa nuisette, tourner la tête à gauche, la tête à droite,
ouvrir la bouche et pousser un cri. Une fois, deux fois, n fois. Parades inadéquates,
on s’en doute. Médiocres solutions de jeu qui sont autant de variations
en mode parodique ou grossier de la scène d’audition avec laquelle
David Lynch et Mulholland Drive rendirent Watts justement célèbre.
C’est d’abord cette dissymétrie figurative qui signe le King
Kong de Peter Jackson. D’un côté une humanité bien
vite à cours de ressources expressives. De l’autre le prodige inépuisable
de la nouvelle nature numérique. Combat à tous égards inégal.
(…) C’est bien ça qui frappe à l’écran :
le dérisoire et même le ridicule des possibilités humaines
face au fabuleux excès de nature offert par les effets spéciaux – du
joli roulé-boulé des dinosaures aux sprints dans la jungle pour
lesquels, Ann n’y étant que visage immobile sur fonds vert mouvant,
Jackson s’est peut-être souvenu d’un des conseils d’Hitchcock :
faire voyager le gros plan. L’essentiel des changements apportés
au canevas original de 1933 va ainsi dans le sens du poil, c’est-à-dire à contresens
de toute préséance humaine. »
Emmanuel Burdeau, Les Cahiers du cinéma
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