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SEANCES
Jeudi 11 janvier à 20h30
Lundi 15 jenvier à 20h30
Jeudi 18 janvier à 20h
(+ entretien
Jean-Pierre Daniel)
Samedi 20 janvier à 18h30
RÉÉDITION
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LE
MOINDRE GESTE
de
Fernand Deligny, Josée Manenti et Jean-Pierre Daniel
France, 1971, 1h45
Avec
Yves Guignard, Richard Brougère
Yves est considéré par l'institution hospitalière comme "inéducable
et irrécupérable". Pris en charge en 1958 par Fernand Deligny, éducateur
singulier dont les tentatives de cures libres refusaient l'ordinaire des méthodes
psychiatriques, Yves devient en 1962 le personnage central d'un film tourné dans
les Cévennes.Yves et Richard s'évadent de l'asile. En se cachant,
Richard tombe dans un trou. La fille d'un ouvrier de la carrière proche
observe Yves resté seul et le ramène à l'asile.
Jean-Pierre Daniel,
cinéaste, conseiller d’Éducation
populaire auprès de la Jeunesse et des sports, croise en 1969
la route de Fernand Deligny qui lui confie le montage du Moindre
Geste. De 1980 à 1985, il participe à l’aventure
du Centre méditerranéen de création cinématographique
fondé par René Allio. Il dirige aujourd’hui un
centre culturel à Marseille, l’Alhambra Cinémarseille.
« CB
- C'est dans un texte intitulé Acheminement
vers l'image que Deligny explique que l'image est comme le lichen
parce qu'elle mélange deux types de "mémoires
(…) Dans ce texte, Deligny donne au cinéma seul la
capacité de réactiver cette puissance de l'image. Il
n'explique rien. Pourquoi le cinéma à ce moment théorique,
plutôt que la photo ou la peinture ?
JPD - Il ne se
pose pas la question. C'est plutôt parce
qu'au même moment, il travaille beaucoup sur la parole. Pour
lui le cinéma est autiste, comme toutes les images : “L'image
ne se voit pas, l'image ne parle pas, l’image est autiste” »
Extrait
: Entretiens Cyril Beghin, Josée Manenti et Jean-Pierre
Daniel 08/2004
« Le Moindre geste est de ces œuvres
trop rares, qui échappent à tout critère préalable,
qui dépassent tout discours établi pour s’inscrire
dans un regard, une écoute à part. Soit une forme cinématographique
libre, incroyablement novatrice et à haute teneur politique,
restituant au monde un autre monde voué par les institutions
au cloisonnement, c’est-à-dire condamné au geste
de négation le plus violent qui puisse être, celui de
ne pas exister au regard des autres, de la société. »
Amélie
Dubois, Les Inrockuptibles.
« Le
Moindre geste de Fernand Deligny, Josée
Manenti, Jean-Pierre Daniel, c’est l’histoire d’un
film qui ne ressemble à rien. D’une force rare et indicible.
Un film vagabond, tourné hors des sentiers battus, hors de
tout cadre de production, sans technicien ni acteur... Nous sommes
en 1963, dans un village cévenol où Fernand Deligny
a trouvé refuge avec quelques rescapés de La Grande
Cordée, une association créée des années
plus tôt, "tentative de prise en charge en cure libre
d’adolescents caractériels, psychotiques, délinquants".
Le scénario, manifestement inventé jour après
jour, prend appui sur une fable imaginée par Deligny : un
garçon s’échappe de l’asile, un autre (Yves)
part sur ses traces, et erre longuement dans le paysage... Josée
Manenti fait partie de la minuscule équipe qui accompagne
Deligny. Cette jeune femme, qui deviendra psychanalyste, prend, pour
la première fois de sa vie, une caméra. Le film n’est
peut-être qu’un prétexte. Il s’agit avant
tout de créer de la matière pour structurer, nourrir
le quotidien. Yves fera donc l’acteur. Il a 20 ans. Josée
l’entoure depuis des années : il fait partie des rescapés.
Elle le filme avec une incroyable science de la lumière et
du cadre, anticipant sur chacun de ses gestes, sur ses moindres mouvements,
devinant l’imprévisible. Les images sont muettes. Il
n’y a pas de preneur de son. Pas de dialogue. Mais chaque soir,
de retour au village, Yves raconte sa journée dans un magnétophone.
Saisissants monologues proférés, beuglés d’une
voix venue des profondeurs. Inquiétante étrangeté.
Le tournage durera deux ans... La suite n’est pas moins surprenante.
Deligny et les siens quittent les Cévennes. À peine
commencé, il a fallu arrêter le montage, faute d’argent.
Les images et les sons échouent au fond d’une malle
qu’ils vont trimballer pendant 4 ans, d‘un bout à l‘autre
de la France. En 1969, par l’intermédiaire d’un
ami commun, la malle atterrit à Marseille, chez un jeune opérateur,
Jean-Pierre Daniel. Il ne connaît ni Josée, ni Deligny,
et ne sait rien de cette aventure, mais peu à peu il va s’approprier
ces images, les monter, leur fabriquer un destin... Aujourd’hui,
ce film nous est donné à voir. Il faut s’y précipiter.
Ces images comme hors du temps, ces images obscures, lumineuses, âpres,
irréductibles, sont de la plus grande acuité. »
Nicolas
Philibert, réalisateur, membre de L'ACID.
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