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SEANCES
Mercredi 24 janvier à 18h30
Jeudi 25 janvier à 20h30
(+ intervention Hervé Aubron)
Samedi 27 janvier à 16h30
Dimanche 28 janvier à 16h
jeudi 25 janvier à partir de 18h • à l’invitation
de l’association bulCiné et à l’occasion de la sortie
de son livre Mulholland Drive (Dirt walk with me), Hervé Aubron
accompagnera les projections de Twin Peaks et Mulholland Drive (tarif
spécial : 5 euros la soirée)
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MULHOLLAND
DRIVE
de David Lynch
USA,
2001, 2h26, VOSTF
Avec
Naomi Watts, Laura Elena Harring, Justin Theroux, Ann Miller
À Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique
suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle
fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los
Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire
ainsi que son identité. Lynch explore les puissances du faux dans un univers
où tout est enregistré et où la bande – comme la pellicule – peut
passer dans un sens, puis à l‘envers, être trafiquée,
abîmée ou magnifiée. Un voyage figuratif aux limites mêmes
de ce qui peut être représenté.
« Le premier rôle et le second rôle sont
les personnages principaux de Mulholland Drive. Son second
volet les met ouvertement en scène, à travers le couple en rupture
des deux actrices : la brune Camilla (Laura Elena Harring) connaît
la gloire tandis que la blonde Diane (Naomi Watts) est renvoyée, durant
l’humiliant dîner final, à sa condition d’éternel
second rôle qui ne percera pas. Ces deux fonctions-personnages sont présentes
dès le premier volet : la brune Rita est un spectre de la star d’autrefois,
l’amnésique empruntant son prénom à une affiche de
Rita Hayworth. La blonde Betty est quant à elle le second rôle par
excellence : bonne nature fraîchement atterrie de la cambrousse, elle
rêve de se détacher de la masse des figurants, ces twisteurs anonymes
sur lesquels se superpose, au début du film, son visage irradié par
un projecteur. D’autres fables cinématographiques ont déjà dramatisé les
hiérarchies du peuple acteur, à commencer par Vertigo,
qui confrontait un détective falot, un second couteau, à une idole
intouchable. Lynch imagine toutefois une variante de taille : chez lui,
le second rôle prend, en tant que tel, l’ascendant sur le premier
(ce qui s’est aussi passé dans les faits, si l’on compare
les carrières ultérieures de Naomi Watts et de Laura Harring).
Rita ressemble aux stars orphelines dont parlait Daney : hagarde, aphasique,
sans mémoire, traumatisée par le coup de projecteur de trop (l’éclat
de phare précédant l’accident de voiture), elle est comme
entravée par ses formes autrefois glorieuses. Elle s’avère
même, ironiquement, mauvaise comédienne lorsqu’elle aide Betty à répéter.
Son aura tient au fait qu’elle est une coquille vide. Les initiatives viennent
bien, en revanche, du second rôle Betty, qui, non contente d’être
promue agente du récit, réussit à imposer son charme spécifique,
fluet et rosâtre, au vieux beau de l’audition ou au réalisateur
Adam. En quelque sorte un charme profane du second rôle, opposé aux
lourds falbalas du premier. Quand bien même le volet suivant remet de l’ordre
dans les rangs (la Diane seconde totalement inféodée à la
Camilla première), la profanation a eu lieu et ne peut être que
punie de mort. Bourreau est naturellement un métier de second couteau :
les seconds rôles eux-mêmes sont chargés de châtier
l’une des leurs. L’insane pin-up de casting Camilla Rhodes, le Cow-boy
et son accent si typique, les affables vieillards, archétypes grimaçants
des gentils figurants d’antan, se liguent pour lapider la pauvre Betty. »
Hervé Aubron, De la vie des seconds rôles, Tours
de rôles : acteurs, actrices (revue annuelle de l’ACOR)
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