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SEANCES
Mercredi 10 janvierà 15h
Samedi 13 janvier à 16h30
Dimanche 14 janvier à 14h30
ÉCOLE ET CINÉMA
À PARTIR DE 5 ANS
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PEAU
D'ÂNE
de
Jacques Demy
France, 1970, 1h20
Avec Catherine
Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Delphine Seyrig, Micheline
Presle, Fernand Ledoux, Sacha Pitoëff
Avant de mourir, une reine fait jurer à son époux de ne se remarier
qu'avec une nouvelle compagne plus belle qu'elle. Seule la propre fille du Roi
répond à cette condition. Devant les demandes pressantes de son
père, et vaguement consciente d'un tel mariage, le Princesse cherche conseil
auprès de sa marraine. Celle-ci, la Fée des Lilas, la pousse à exiger
du Roi qu'il accède à ses souhaits. Elle lui demande la peau d'un âne
qui avait la caractéristique de faire "bêtement des crottes
d'or"… et d'alimenter le trésor royal. Devant le caractère
irréductible du désir paternel auquel, en fait, elle souhaiterait
céder, la Princesse s'enfuit et se réfugie dans le royaume voisin,
revêtue de la peau de l'âne et munie de la baguette magique de sa
marraine. Un jour où elle portait sa robe de soleil, le Prince, Charmant
de son état, l'aperçoit et tombe amoureux d'elle. Il n'a plus alors
d'autre idée en tête que de l'épouser.
« De savantes études ont montré que l’univers
des contes de Perrault n’était pas fait pour les enfants qui les
lisent, pourtant, depuis des générations. S’il est vrai que
dans Peau d’Âne, l’amour du père a quelque
chose d’incestueux, la beauté du spectacle organisé par Jacques
Demy ne rend pas cette situation scabreuse. On peut admettre que dans la féerie,
les sentiments comme les situations s’écartent du monde normal.
Peau d’Âne de Jacques Demy se réclame d’un merveilleux
cher à Cocteau (La Belle et la Bête) et au Walt Disney
de Blanche Neige et les sept nains. L’invention décorative
est d’une admirable bizarrerie, mais elle m’a toujours paru étouffer
un peu la sensibilité de l’auteur des Parapluies de Cherbourg et
des Demoiselles de Rochefort. Les personnages n’y sont que des marionnettes
vivantes dans le jeu de l’amour et du bonheur. »
Jacques Siclier,
Télérama
« Je vois dans le geste de Demy-truqueur, un plaisir qui me semble
aussi proche que possible de celui de Perrault-conteur, comme si au plaisir que
chaque cinéaste (ou peu s’en faut) éprouve à raconter
une histoire s’ajoutait un autre plaisir, très enfantin celui-là,
celui de transformer à la main, ou presque, et accompagné du moins
de personnes possibles, l’univers dans lequel on a installé son
film. Si l’invention de deux palais, l’un tout en rouge (statues
vivantes et chevaux compris), l’autre tout en bleu nous amène déjà du
côté du merveilleux, les trucages nous y plongent. Mais je ne vois
pas de plus bel exemple de cette fusion du réalisme et du merveilleux
que dans la séquence chantée – mais ce n’est pas du
chant en tant que tel qui ajoute au merveilleux, pour peu qu’on ait vu
une ou deux comédies musicales – où Peau d’Âne,
couverte de sa peau dialogue avec Peau d’Âne vêtue d’une
superbe robe, en un champ/contrechamp de type inédit (généralement
au cinéma, on ne dialogue pas avec soi-même) sur une tâche
(le suivi de la recette de cuisine) on ne peut plus concrète et réaliste. »
Alain
Philippon, extrait du Cahier de notes sur… Peau d'Âne
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