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SEANCES
Mercredi 10 janvier à 20h30
Vendredi 12 janvier à 20h30
Dimanche 14 janvier à 16h30
INÉDIT À NANTES
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VIVRE À TAZMAMART
de
Davy Zylberfajn
France,2005, 1h12, documentaire
Pendant dix-huit ans, cinquante-huit hommes ont "disparus". D’août
1973 à septembre 1991, ces hommes sont détenus au secret dans des
conditions effroyables à Tazmamart, dans le sud-est marocain, pour assouvir
la vengeance d’un seul, le roi Hassan II. Plus de la moitié d’entre
eux sont morts dans de longues souffrances et sont enterrés dans la cour
de Tazmamart. Sous la pression internationale et après avoir longtemps
nié l’existence de Tazmamart, le roi fait sortir en septembre 1991
les vingt-huit détenus encore en vie. Cinq d’entre eux témoignent
et racontent leur résistance.
« Plutôt que de montrer aujourd’hui
ce bagne marocain d’où 28 prisonniers sur 58 sortirent
vivants en 1991 après dix-huit ans d’incarcération
sans lumière ni visite, ce jeune réalisateur français
a préféré l’évocation. L’alternance
entre face-à-face et plans fixes, témoignages et paysages
sonores, laisse deviner le film fantôme qui, sombre et terrifiant,
défile dans les mémoires des survivants. »
Ingrid Merckx, Politis.
« Puissance des mots, captée par Davy Zylberfajn,
auprès des rescapés du bagne mouroir où ils
ont été enfermés pendant dix-huit ans par feu
Hassan II, qui parviennent à dessiner une topographie très
précise de l’enfermement, qui enregistre avec sobriété la
possibilité du "dire", dans une société aujourd’hui
travaillée par la mise en lumière d’un passé,
jusqu’à encore récemment, indicible. »
Emmanuel
Chicon, L’Humanité.
« La fascination pour une survie, si acharnée
qu’elle libère une énergie dramatique intense,
on la retrouve avec cet ancien détenu, il faut l’entendre,
maquette en carton à l’appui, raconter comment, muni
d’un morceau de miroir, il a capté de la lumière
dans une cellule quasi aveugle. Pour Vivre à Tazmamart, c’est
dans des lieux baignés de soleil que Davy Zylberfajn enregistre
les témoins, avec une profondeur de champ à perte de
vue, celle-là même qui les a éblouis le jour
de leur sortie. Ils ont aussi survécu par le souvenir de la
lumière, puisque parmi eux, un Schéhérazade
cinéphile narrait les films qu’il avait vus. D’où l’écho étrange,
quand ils décrivent leur geôle, entre ces cubes obscurs
et le dispositif de la salle de cinéma. »
Charlotte
Garson, Les Cahiers du cinéma.
« Le réalisateur s’est confronté à cette
effroyable histoire sans se laisser happer par la force du sujet : "Plus
j’avançais et plus mon point de vue se resserrait sur
la façon dont ces hommes avaient résisté à l’enfermement
en tentant de se construire une vie à Tazmamart." Davy
Zylberfajn a réussi à dominer son propos parce qu’il
a fait des choix exigeants pour mettre en scène la parole
des anciens détenus. "J’ai choisi de filmer la
plupart des séquences dans un axe unique avec deux valeurs
de plans, la première étant suffisamment large pour
que la seconde ne soit pas trop serrée." (...) Jamais
l’émotion ne déborde. Le réalisateur parvient à l’endiguer
sans pour autant faire un film froid et c’est cette retenue
qui rend le témoignage audible. Il sait se tenir à bonne
distance des personnages en filmant souvent en plan large ou moyen. »
Nathalie
Marcault, Films en Bretagne.
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