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SEANCE UNIQUE
Lundi 29 janvier à 20h30
SÉANCE SUIVE D’UN DÉBAT AVEC L’ESPACE SIMONE
DE BEAUVOIR ET AMNESTY INTERNATIONAL
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ZULU LOVE LETTER
de Ramadan Suleman
Allemagne/France/Afrique du Sud, 2004, 1h45, VOSTF
Avec
Pamela Nomvete, Kurt Egelhof, Sophie Mgcina
Afrique du Sud, années 1990. Une journaliste noire, Thandeka, engagée,
vit avec sa fille, dans la hantise du passé de son pays. Elle est licenciée
d'un des plus grands quotidiens de Johannesburg en raison de son alcoolisme.
Un jour, une vieille femme se présente au journal. Elle veut que Thandeka
témoigne devant la Commission "Vérité et Réconciliation" sur
le meurtre de la jeune Dineo, sa fille, auquel elle assista autrefois. La vieille
veut retrouver les coupables et leur faire avouer où le corps fut enseveli,
pour qu'enfin l'âme de sa fille soit en paix.
Zulu Love Letter contribue à décrire l'Afrique
du Sud à un moment de "transition" où familles,
communautés et individus doivent affronter les complexités
du devoir, de l'indépendance, du désir et de l'amour,
dans un monde à peine sorti de la tourmente. Thèmes
et personnages de Zulu Love Letter résonneront du
Chili au Rwanda, de Sarajevo au Salvador, et partout où, comme
dans l'Europe d'après-guerre, familles et communautés
séparées et déchirées par leurs expériences
historiques trouvent les moyens d'affronter et de dépasser
un passé douloureux, condition de tout renouveau.
« Pour faire un documentaire, il aurait fallu
aller voir ces femmes qui sont en deuil, et leur demander de raconter à nouveau
ce qu'elles ont vécu. Elles ont déjà du faire ça
pendant la commission, je crois qu'il faut qu'on trouve les moyens,
non pas de leur faire oublier ce passé, mais plutôt
de les aider dans leur parcours de deuil. Il n’empêche
que toutes les femmes que l’on voit dans le film, faire la
queue pour aller à la commission, ne sont pas des figurantes,
ce sont des victimes réelles. Le film est un hommage à toutes
ces femmes. En Afrique du sud aujourd’hui, on dit "sheroes",
on ne dit plus "heros", je voulais rendre hommage à nos
sheroes. La spécificité de la situation sur l'écran,
c'est l'Afrique du Sud, mais l'histoire est universelle, en faisant
le film, j'ai pensé aux femmes argentines, chiliennes, palestiniennes,
aux femmes portugaises. »
Discussion entre Ramadan
Suleman et le public des 21èmes Rencontres
Cinéma de Gindou (Lot) en août 2005.
« Les femmes sud-africaines ont joué un rôle
important dans le mouvement anti-apartheid. Et ce n’est pas
une coïncidence si depuis 1994, l’Afrique du Sud est l’un
des gouvernements où siège le plus grand nombre de
femmes. Thandeka est représentative de ces nombreuses femmes
célibataires "libres et instruites" d’Afrique
du Sud, aux prises avec un avenir qui les attire et les effraye à la
fois. Son engagement politique et professionnel dans le passé s’est
fait aux dépens de ses responsabilités personnelles
et familiales. Comment peut-elle "négocier" maintenant
entre sa carrière de journaliste, ses relations difficiles
avec sa fille et les tensions avec ses parents. La vie de Thandeka
est aussi soumise à la pression de ses ennemis, anciens agents
de la police secrète, désormais employés de
l’Agence nationale de renseignement du nouveau gouvernement,
ou bien "paisibles citoyens" ou encore "honorables
hommes d’affaires". Le mutisme de Mangi est pour intensifier
le problème de communication entre la mère et sa fille.
C’est aussi une métaphore : comment rendre la parole à ceux
qui ne l’ont pas ? »
Extrait du dossier de presse
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