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SEANCES
samedi 2 février à 16h30
dimanche 3 février à 20h30
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LE
TEMPS RETROUVÉ
de Raoul Ruiz
France-Italie-Portugal, 1998, 2h38, d’après Marcel Proust
Avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Vincent Perez
1922, Marcel Proust sur son lit de mort regarde des photos et se remémore
sa vie. Sa vie, c'est son oeuvre et les personnages de la réalité se
mélangent avec ceux de la fiction et la fiction prend peu à peu le
pas sur la réalite. Tous ses personnages se mettent à hanter le petit
appartement de la rue Hamelin et les jours heureux de son enfance alternent
avec les souvenirs plus proches de sa vie sociale et littéraire.
" Impossible n'est pas ruizien. Après les projets avortés de Visconti
puis de Losey, après le best-of risible d'Un amour de Swann par Volker
Schlöndorff, la tentative de Raoul Ruiz de s'attaquer à Marcel Proust
était attendue avec circonspection. C'était oublier que Ruiz n'a pas
attendu Le temps retrouvé pour être un cinéaste authentiquement proustien.
Entre son goût affirmé pour les "histoires immortelles" et
les éternels retours, son travail sur les arcanes de la mémoire et
sa science d'illusionniste qui n'aime rien tant que les dispositifs
à la fois répétitifs et lacunaires, tout le prédisposait à proposer
sa vision de La recherche du temps perdu. Car Ruiz s'est bien gardé
d'illustrer Proust, il l'a lu, avec un mélange de respect et de gourmandise.
En s'appuyant sur le scénario rigoureux et inventif de Gilles Taurand,
Ruiz a opté pour un traitement polyphonique qui respecte l'aspect mouvant
et inépuisable de l'œuvre originale. Selon la phrase fameuse qui dit
que l'on peut relire Proust à l'infini puisqu'on ne saute jamais les
mêmes passages, Ruiz a conçu son film comme un riche feuilleté d'images
et de personnages, d'objets et de sons, qui disparaissent pour mieux
revenir sous des formes nouvelles mais finalement reconnaissables.
Chaque plan recèle une multitude de signes et de signaux, du premier
à l'arrière-plan, qui permettent de raccorder entre eux des personnages,
des temporalités et des lieux différents."
Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles
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