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SEANCES
mardi 29 mai à 21h
dimanche 3 juin à 19h
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ADIEU
PHILIPPINE
de
Jacques Rozier
France, 1963, 1h46
Avec
Jean-Claude Aimini, Yveline Cery, Stefania Sabatini, Vittorio Caprioli
Paris, 1960. Michel doit bientôt
partir en Algérie pour faire son
service. En attendant, il travaille comme machiniste à la télévision,
ce qui lui permet de faire croire aux filles qu'il est une vedette... Jacques
Rozier saisit merveilleusement les gestes et les mots du quotidien dans leur
durée réelle, offrant un instantané précis de la
France de l’époque, sur fond angoissant de guerre d’Algérie.
« Réalisé dans la foulée de la
Nouvelle Vague, ce film en est l’un des plus caractéristiques.
Jacques Rozier l’a conçu comme un reportage sur ses
personnages, incarnés par des comédiens non-professionnels,
qui improvisent le plus souvent leurs dialogues sur un canevas préalable.
Il saisit ainsi merveilleusement les gestes et les mots du quotidien
dans leur durée réelle, offrant un instantané précis
de la France de l’époque, sur fond angoissant de guerre
d’Algérie. »
Joël Magny, Les Cahiers
du cinéma
« Cette chronique au jour le jour
d'un jeune homme, Michel, éphémère porteur de
câbles à la
télé, qui drague un soir deux copines, la description
de leurs atermoiements sentimentaux, leur recherche d'un travail
prestigieux (dans le cinéma, évidemment), les scènes
saisies sur le vif, entre filles, entre garçons, en famille,
leur départ à trois en vacances en toute immoralité avant
que Michel ne rejoigne son régiment, ne font pas une "histoire" au
sens classique du terme. Ils font une rivière dansante de
moments, de regards de gestes de mots (en réalité laborieusement
retrouvés en auditorium par le réalisateur après
l'échec des prises en son direct). Malgré la difficulté de
vivre, sur laquelle Rozier ne jette aucun voile, passe une vitalité joyeuse,
une santé rieuse et tendre, émaillés d'éclats
de pure loufoquerie, soudain obscurcie par de sombres bouffées
venues d'Algérie, le temps d'un insert sur le film "Montserrat" évoquant
la torture, ou du silence d'un copain "qui en revient".
Comme dans Les 400 coups de Truffaut, Hiroshima mon
amour de Resnais, A bout de souffle de Godard, Le
signe du Lion de Rohmer, Ascenseur pour l'échafaud de
Malle, Cléo de 5 à 7 de Varda, La jetée de
Marker, Lola de Demy, Paris nous appartient de
Rivette, Adieu Philippine montre des gens qui marchent qui
voyagent et qui partent. Pas parce que l'endroit où vont les
gens est important pour l'intrigue, et pas non plus comme séquence
de transition. Le plus souvent dans les rues de Paris, ils marchent
parce qu'on marche dans la vie, ils marchent parce que le cinéma
est un cinéma en mouvement, ils marchent parce que le réalisateur éprouve
un tel bonheur de filmer que cette activité devient le signal
de l'élan que ces films impriment au cinéma. Avec ces
personnages en vadrouille, c'est le monde qui s'engouffre dans le
cinéma et sur la bande-son, où bruits du quotidien,
voix, in ou off, conversations surprises ou rajoutées, informations
de la radio, musiques "de film" ou pas, contribuent non à "l'enregistrement
du réel", cette version policière du réalisme,
mais au dévoilement d'un monde multiple. Le départ
de Michel à la fin de Adieu Philippine n'est pas
triste. Le tonus accumulé durant le film, la volonté du
réalisateur que ça continue contredisent et dépassent
la noirceur de l'événement final. »
Ciné-club
de Caen
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